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Infos: Zimbabwe : le billard comme seul moyen de subsistance

Une personne tient des billets de banque alors que des gens jouent au billard dans un espace ouvert à Harare, au Zimbabwe, le 30 novembre 2022   –   Copyright © africanews Tsvangirayi Mukwazhi/AP By Rédaction Africanews avec AP Dernière MAJ: 26/12 – 16:57 Zimbabwe À Ruwa, dans la banlieue de Harare, la capitale du Zimbabwe, les

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Infos: Zimbabwe : le billard comme seul moyen de subsistance
Une personne tient des billets de banque alors que des gens jouent au billard dans un espace ouvert à Harare, au Zimbabwe, le 30 novembre 2022   –  

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Tsvangirayi Mukwazhi/AP

Zimbabwe

À Ruwa, dans la banlieue de Harare, la capitale du Zimbabwe, les téléviseurs à grand écran diffusent les meilleurs moments de la Coupe du monde et d'autres événements sportifs. Mais tous les regards sont tournés vers le billard… et l'argent.

Parmi eux, Levite Chisakarire, 18 ans.« Je dois ramener l'argent à la maison… Il y a beaucoup d'argent aujourd'hui », dit-il en tenant une queue de billard, en attendant son prochain adversaire.

En jeu, un premier prix de 150 dollars, une somme royale dans un pays où la majorité gagne un peu plus de 100 dollars par mois, selon les chiffres officiels du gouvernement, et où environ la moitié des 15 millions d'habitants vivent dans une extrême pauvreté, selon le Programme alimentaire mondial (PAM).

« Cela peut contribuer à payer les factures », déclare Levite Chisakarire, le plus jeune joueur en lice pour le prix du jour.

Auparavant un sport anonyme pratiqué dans les quartiers riches du Zimbabwe, le billard a gagné en popularité au fil des ans, d'abord comme un passe-temps, puis comme un moyen de survie pour beaucoup dans un pays où les emplois à temps plein sont extrêmement difficiles à trouver.

Problèmes financiers

Incapable de poursuivre ses études après avoir terminé le lycée avec de mauvaises notes en 2019, Levite Chisakarire s'est démené pour trouver un emploi dans les industries en difficulté du Zimbabwe. Avec l'épidémie de Covid-19, son père, un chauffeur de camion, a perdu son travail régulier. 

Levite Chisakarire a donc commencé à traîner dans une taverne illégale où les clients esquivaient ou soudoyaient la police pour passer outre les restrictions liées à la pandémie afin de pouvoir boire de la bière et jouer au billard.

Son passe-temps est devenu une compétence, et il a montré un talent pour tirer les boules rondes dans les poches. Cela l'a aidé à résoudre ses problèmes financiers, car il a commencé à parier sur ses parties et à gagner. Aujourd'hui, il gagne environ 300 dollars dans un bon mois.

Il n'est pas le seul. Selon une enquête sur le travail réalisée en octobre par l'agence statistique du pays, la plupart des Zimbabwéens gagnent leur vie grâce à des activités informelles, comme la vente de tomates sur des stands en bord de route ou le billard. Près de la moitié des jeunes âgés de 15 à 34 ans sont au chômage et ne suivent pas d'études ou de formation.

Joueurs professionnels

« Le billard est devenu populaire comme forme de divertissement dans les bars, mais il s'avère maintenant plus populaire que le football dans de nombreux endroits », avance Michael Kariati, journaliste sportif depuis plus de 30 ans. « Il s'est transformé en un sport de compétition féroce où les gens font des paris et survivent grâce à lui ».

Rien qu'à Harare, le nombre de joueurs professionnels a quadruplé pour atteindre environ 800 au cours des cinq dernières années, selon Keith Goto, porte-parole de la Harare Professional Pool Association.

« Les jeux d'argent se sont développés de manière exponentielle. Vous trouvez des tables de billard partout où vous allez dans les townships », soutient-il. « Cela offre une forme d'emploi et c'est payant grâce aux paris. »

D'autres avertissent que les paris sont une habitude dangereuse qui peut avoir des effets désastreux sur les familles. Mais avec un si grand nombre de personnes sans emploi et les perspectives économiques du Zimbabwe si sombres, beaucoup de gens se démènent pour gagner de l'argent avec une queue de billard.

Des salles de billard improvisées fleurissent dans les bars, sur les vérandas des magasins et dans n'importe quel espace libre. Certains résidents entreprenants ont des tables de billard chez eux où ils font payer 50 cents pour jouer et parier, en violation des lois de la ville qui exigent que de telles entreprises soient dûment autorisées. Les tables sont souvent usées et branlantes, mais les gens ne semblent pas s'en soucier.

Pot-de-vin

À Warren Park, un township de Harare, les gens ont ignoré le plus grand derby de football du pays, qui se déroulait dans le stade voisin, pour se rassembler autour des tables de billard où l'argent changeait rapidement de mains.

Pour gagner rapidement de l'argent, les parieurs utilisent des moyens ingénieux. Au lieu de jouer toute la partie de la boule 8, certains parient sur la position de la boule noire après le break. D'autres parient sur la meilleure des trois boules. Un joueur expert a proposé de jouer en utilisant une seule main parce que les gens hésitaient à parier contre lui.

Les autorités mènent parfois des opérations dites de nettoyage pour confisquer les tables de billard éparpillées un peu partout. Souvent, ceux devant faire respecter les règlements municipaux sont simplement payés avec un pot-de-vin d'à peine 2 dollars. La plupart des parieurs des townships à faibles revenus placent des paris en dollars sur des jeux dans lesquels ils peuvent gagner 3 ou 4 dollars.

Frais de participation

À Ruwa, la compétition est plus organisée, et les enjeux sont plus élevés. Chaque membre du club paie 10 dollars de frais de participation, qui sont reversés dans les prix. Un jour, 31 joueurs ont payé pour participer. Des dizaines d'autres étaient spectateurs, encourageant et pariant sur leurs joueurs favoris.

« Imaginez que vous rentriez chez vous avec 150 dollars ! C'est plus que ce que de nombreuses personnes ayant un emploi rémunéré reçoivent par mois », a déclaré Goto, le porte-parole. « Le billard devrait maintenant passer des bars aux écoles et aux salles communautaires comme les autres sports, il est devenu courant après tout. »

Pour Levite Chisakarire, le billard est devenu plus qu'un jeu. Après avoir joué et parié dans des tavernes d'arrière-cour, il rêve de plus grand. « Cela a changé ma vie », dit-il, avant de couler sa prochaine boule pour remporter le tournoi et empocher 150 dollars. « Je me vois bien jouer en Europe un jour ».

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Infos: Kenya : l’athlète Georgina Rono suspendue pour dopage

La coureuse d'élite Georgina Rono du Kenya participe au marathon de Boston à Wellesley, Massachusetts, le 16 avril 2012.   –   Copyright © africanews AP Photo By Rédaction Africanews avec AFP Dernière MAJ: Il y a 14 heures Kenya La coureuse kényane Georgina Rono été suspendue pour quatre ans mardi après avoir été testé positive lors

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La coureuse d'élite Georgina Rono du Kenya participe au marathon de Boston à Wellesley, Massachusetts, le 16 avril 2012.   –  

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AP Photo

Kenya

La coureuse kényane Georgina Rono été suspendue pour quatre ans mardi après avoir été testé positive lors d’un contrôle antidopage.

L’athlète qui a terminé troisième du marathon de Boston en 2012 et qui est également montée sur le podium aux marathons d'Eindhoven et de Francfort, a été bannie jusqu'au 25 janvier 2027. Tous ses résultats depuis le 27 mai ont été retirés de son palmarès à la suite d’une décision prise par l'Agence antidopage du Kenya.

Les autorités kényanes sont aux prises avec une crise du dopage, plus de 50 athlètes du pays d'Afrique de l'Est étant actuellement suspendus.

L'ampleur de la crise a fait craindre une interdiction totale de la fédération kényane d'athlétisme à la fin de l'année dernière, mais l'instance dirigeante de l'athlétisme n'a pas retenu cette sanction jugée trop stricte.

En contrepartie, le gouvernement kényan a garantie de consacrer davantage de fonds à sa lutte contre le dopage.

Le Kenya est le deuxième pays à avoir remporter le plus grand nombre de médailles olympiques derrière les États-Unis depuis les années 2000, des titres qui pourraient être remis en cause.

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Infos: Football : Boufal de retour au Qatar

Sofiane Boufal après le quart de finale de la Coupe du Monde entre le Maroc et le Portugal, au stade Al Thumama à Doha, Qatar, le 10 décembre 2022   –   Copyright © africanews Martin Meissner/Copyright 2022 The AP. All rights reserved By Rédaction Africanews avec AFP Dernière MAJ: Il y a 3 heures France Angers

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Sofiane Boufal après le quart de finale de la Coupe du Monde entre le Maroc et le Portugal, au stade Al Thumama à Doha, Qatar, le 10 décembre 2022   –  

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Martin Meissner/Copyright 2022 The AP. All rights reserved

France

Angers SCO a annoncé lundi soir « un accord de principe » avec le club qatari d'Al-Rayyan pour un transfert de l'international marocain Sofiane Boufal, très en vue au Mondial 2022.

« Le joueur est autorisé à se rendre ce mardi au Qatar pour passer la visite médicale », a précisé Angers dans un court message sur les réseaux sociaux. Parallèlement, Angers a annoncé « un accord » avec Metz pour un prêt avec option d'achat de l'attaquant Ibrahima Niane, qui doit également passer sa visite médicale.

Après le transfert d'Azzedine Ounahi à Marseille ces derniers jours, un départ de Boufal était aussi attendu : les deux demi-finalistes du Mondial ne sont apparus que de manière très épisodiques à Angers depuis leur retour du Qatar.

A 29 ans, Boufal était sous contrat jusqu'en 2024 mais il avait retiré toute mention du club sur ses réseaux sociaux, même s'il a pris le temps début janvier d'aller saluer les habitants du quartier où il a grandi à Angers.

Entré au SCO à l'âge de 10 ans, il y a fait ses débuts pro neuf ans plus tard. Il a ensuite brillé à Lille (2015-2016) avant de rater son aventure en Angleterre et de revenir se relancer à Angers en 2020.

Si le physique a souvent eu du mal à suivre, ses qualités techniques lui ont permis de se rappeler aux bons souvenirs de la sélection marocaine où, grâce à un jeu épuré et une plus grande discipline tactique, il a enfin gagné ses galons de titulaire à partir de la CAN il y a un an.

En début de saison, il avait été l'un des rares Angevins à se montrer au niveau, même de manière irrégulière. Désormais, le SCO, qui reste sur une série record de 12 défaites, est lanterne rouge, à 10 points du premier non-relégable.

Al-Rayyan n'est pas beaucoup mieux loti : le club est actuellement 10e et barragiste virtuel dans le championnat qatari.

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Infos: Tour du Gabon : 4 Africains dans le top 5

Des cyclistes sprintent vers la ligne d'arrivée lors de la 16e édition de la Tropicale Amissa Bongo à Libreville, le 29 janvier 2023   –   Copyright © africanews STEEVE JORDAN/AFP or licensors By Rédaction Africanews avec AFP Dernière MAJ: Il y a 18 heures Gabon Le Français Geoffrey Soupe (TotalEnergie) a remporté la 16e édition de

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Des cyclistes sprintent vers la ligne d'arrivée lors de la 16e édition de la Tropicale Amissa Bongo à Libreville, le 29 janvier 2023   –  

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STEEVE JORDAN/AFP or licensors

Gabon

Le Français Geoffrey Soupe (TotalEnergie) a remporté la 16e édition de la Tropicale Amissa Bongo au Gabon, l'une des plus importantes courses cyclistes du continent africain, devant l'Algérien Hamza Amari et le Mauricien Christopher Rougier-Lagane, à l'issue de la 7e et dernière étape, dimanche.

Soupe, 34 ans, avait remporté la première étape mais avait abandonné son maillot jaune de leader au bout deux jours avant de le reprendre samedi, la veille de l’arrivée finale.

C’est la première fois qu’on retrouve quatre coureurs africains dans le top 5 final de la course gabonaise avec Amari (2e), Rougier-Lagane (3e) et les Érythréens Natnael Berhane (4e) et Dawit Yemane (5e).

La 7e et dernière étape s'est achevée à Libreville, la capitale du Gabon, sur un sprint remporté par le Danois Alexander Salby (Bingoal-WB), devant l’Érythréen Henok Mulueberhane et le Russe Sergei Rostovtsev.

La Tropicale Amissa Bongo, qui compte pour le circuit UCI Africa Tour, s'est déroulée dans cinq des neuf provinces du Gabon, petit pays d'Afrique centrale recouvert à 90% d'une dense forêt tropicale. Les coureurs auront parcouru au total 903,2 kms, dans un climat très chaud et très humide.

La course met en compétition des équipes professionnelles internationales ainsi que dix sélections nationales du continent africain.

Classement final de la 16e édition de la Tropicale Amissa Bongo :

1. Geoffrey Soupe (FRA/TotalEnergie) en 20h18:16.

2. Hamza Amari (ALG/équipe nationale d’Algérie) 20h18:45.
3. Christopher Rougier-Lagane (MAU/équipe nationale de Maurice) 20h18:50.
4. Natnael Berhane (ERI/Beykoz Team-Turkey) 20h18:52.
5. Dawit Yemane (ERI/équipe nationale d’Erythrée) 20h18:54.

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