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Infos: JO 2024 : « ils nous ont exploités », disent des travailleurs sans-papiers

15/12/2022, un travailleur sans-papiers malien tenant sa carte d'accès au chantier où il travaillait illégalement, future base d'entraînement pour les JO de Paris.   –   Copyright © africanews CHRISTOPHE ARCHAMBAULT/AFP or licensors By Rédaction Africanews avec AFP Dernière MAJ: 24/01 – 09:34 France Sur les chantiers en construction des futurs Jeux olympiques de Paris, qui doivent

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Infos: JO 2024 : “ils nous ont exploités”, disent des travailleurs sans-papiers
15/12/2022, un travailleur sans-papiers malien tenant sa carte d'accès au chantier où il travaillait illégalement, future base d'entraînement pour les JO de Paris.   –  

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CHRISTOPHE ARCHAMBAULT/AFP or licensors

France

Sur les chantiers en construction des futurs Jeux olympiques de Paris, qui doivent être la vitrine de la France en 2024, la présence de la main-d'œuvre clandestine est devenue un enjeu de tension politique et d'exemplarité sociale.

A première vue, rien d'inhabituel. Sur son chantier, Gaye Sarambounou devait manier le marteau-piqueur et décoffrer le béton, enchaîner les journées à rallonge payées une misère, sans contrat, sans jour de repos. En somme, poursuivre sa routine de travailleur sans-papiers.

Sauf que cette fois, il ne s'agit pas d'un chantier comme un autre : sur les sites en construction des futurs Jeux olympiques de Paris, qui doivent être la vitrine de la France en 2024, la présence de cette main d'oeuvre illégale est devenue un enjeu de crispation politique et d'exemplarité sociale.

Le 26 septembre dernier, lorsque des inspecteurs du travail font irruption dans le centre aquatique de Marville (Seine-Saint-Denis), qui servira de base d'entraînement olympique, « le patron m'a dit +tu reviens plus!+ », se souvient le Malien de 41 ans, dont cinq en France.

Durant trois mois, Gaye Sarambounou, barbiche et visage rond toujours flanqué d’un bonnet aux couleurs du Mali, raconte avoir travaillé de 9H à 17H, parfois 19 ou 20H. La journée est payée 80 euros, 40 si une urgence oblige à partir plus tôt. Évidemment, « les heures supplémentaires n’étaient jamais payées ».

« J'ai accepté parce que je connais ma situation. Si t'as pas de papiers, tu fais tout ce qui est difficile, toute la merde, t'as pas le choix », expose-t-il, en faisant bouillir de l'eau sur un réchaud à même le sol, dans la minuscule chambre qu'il partage avec quatre compatriotes.

« Tabou »

Gaye Sarambounou travaille sous « alias », en empruntant les papiers d'un proche. Combien sont-ils, comme lui, sur cet ouvrage pharaonique qui transfigure la banlieue nord ? Difficile à dire, par définition. Sur les chantiers, le « tabou » règne : « Tout le monde sait, personne n'en parle », sourit-il.

Les autorités, elles, rient jaune. Car le phénomène fait tache.

« Il y a une grande hypocrisie de la part des autorités politiques », résume Bernard Thibault, qui co-préside le Comité de suivi de la charte sociale de Paris 2024. Selon l'ancien secrétaire général de la CGT, « on peut supposer qu'il y a d'autres » sans-papiers sur les chantiers et l_' »évidence »_ voudrait qu'on les régularise.

Signe que le sujet inquiète, l'inspection du travail a créé une unité spécialisée qui a contrôlé près d'un site par jour depuis deux ans. Du jamais-vu.

Depuis le printemps dernier, le mouvement s'accélère. En juin, neuf travailleurs irréguliers sont identifiés sur un chantier dont le maître d'ouvrage n'est autre que la Solideo (Société de livraison des ouvrages olympiques), l'établissement public chargé de la construction des sites.

Au même moment, le parquet de Bobigny ouvre une enquête préliminaire notamment pour « travail dissimulé » et « emploi d'étranger sans titre en bande organisée ».

« Nébuleuse »

« On a écrit au procureur de Bobigny pour dire qu'on souhaite se joindre aux procédures contre les employeurs indélicats », a déclaré mardi le directeur général de la Solideo, Nicolas Ferrand, rappelant la « volonté d'exemplarité des chantiers olympiques ».

Lorsque le sujet s'est posé pour la Solideo, « on a immédiatement pris les dispositions qui s'imposaient », en résiliant le contrat du sous-traitant incriminé mais aussi du géant du bâtiment qui y avait recours, explique Antoine du Souich, directeur de la stratégie et de l'innovation.

L'établissement public a depuis « renforcé ses procédures » et va « plus loin que ce que demande la réglementation », insiste-t-il.

Construire un système « absolument imperméable (à la fraude), on en est incapables », convient M. du Souich, qui reconnaît qu'un « certain nombre de tricheurs sont passés entre les mailles du filet ». L'objectif est de « resserrer les mailles » pour repérer les « situations grossières de triche ».

Cette toile du travail illégal est tissée par une « nébuleuse d'entreprises turques » sous-traitantes, observe Jean-Albert Guidou, de la CGT Seine-Saint-Denis.

Un « système qui marche à plein tube », avec des sociétés qui se placent en liquidation dès qu'elles sont inquiétées, décortique le syndicaliste.

Accidents

Alors que le gouvernement veut créer un titre de séjour dans les « métiers en tension », Jean-Albert Guidou a déjà accompagné une trentaine de travailleurs des JO dans des procédures de régularisations, certaines déjà obtenues.

« Ils occupent les postes les plus accidentogènes et ils sont surexploités », s’indigne-t-il. « Sur les chantiers, la seule variable d’ajustement, c’est le prix du travailleur. Et quand il faut mettre les bouchées doubles pour livrer, ces entreprises ne sont pas regardantes sur les conditions de travail. »

Cheickna (il ne souhaite pas donner son nom) en rigole. « Bien sûr! Moi j'ai donné deux fois des papiers différents à la même entreprise, j'ai été pris », se souvient cet autre Malien de 38 ans.

Sur son téléphone, il fait défiler des photos datées du 6 mai et sur lesquelles on le voit, casque de chantier et t-shirt, sur une nacelle de la Tour Pleyel, futur hôtel de luxe des JO-2024. Lui aussi a été évincé après un contrôle, en octobre.

« On fait ça pour la famille (restée) au Mali, qu'on fait vivre. On fait tous les sacrifices pour ce boulot », explique à son tour Moussa (il requiert l'anonymat pour des raisons de sécurité), 43 ans.

« Chantage »

« Tous ces beaux stades sont construits par des gens pauvres (…) qui sont exploités », poursuit Moussa qui vit dans la « peur » depuis qu’il a été sorti manu militari de son chantier, en décembre, après s’être exprimé publiquement sur ses conditions de travail.

Jeux olympiques ou pas, « on te fait du chantage », raconte-t-il: lorsqu'on demande des heures supplémentaires, « c'est soit tu restes, soit tu prends tes affaires », affirme celui qui a fait du « piochage » et de la maçonnerie pendant quatre mois sur le futur village des athlètes.

En quinze ans de présence en France, Moussa a toujours travaillé, d'abord dans le nettoyage, puis la restauration, désormais le bâtiment.

Comme les autres, il ne voit pas de différence, sur le terrain, entre son chantier olympique et les précédents: « C'est toujours à 80% des immigrés qui font le boulot. On voit des Maliens, des Portugais, des Turcs. Et les Français… dans les bureaux ».

Comme les autres, il demande à être régularisé, « rien de plus », ne serait-ce que pour pouvoir circuler librement sans avoir « peur d'un contrôle » d'identité.

Gaye Sarambounou ne demande pas mieux. La CGT s'apprête à déposer son dossier de régularisation. S'il l'obtient dans les dix-huit mois, ces déboires récents seront oubliés comme un vilain cauchemar, s'éclaire-t-il: « Je serais en règle pour les Jeux! »

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Infos: Afrique du Sud : une randonnée promeut une autre image de Soweto

Des randonneurs observant à Soweto, le 22 janvier 2023   –   Copyright © africanews GUILLEM SARTORIO/AFP or licensors By Rédaction Africanews Dernière MAJ: Il y a 6 heures Afrique du Sud Soweto, immense township près de Johannesburg, avec ses ruelles miséreuses et son paysage urbain, se prête peu à la rêverie bucolique. Mais une initiative, ''Soweto

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Infos: Afrique du Sud : une randonnée promeut une autre image de Soweto
Des randonneurs observant à Soweto, le 22 janvier 2023   –  

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GUILLEM SARTORIO/AFP or licensors

Afrique du Sud

Soweto, immense township près de Johannesburg, avec ses ruelles miséreuses et son paysage urbain, se prête peu à la rêverie bucolique. Mais une initiative, ''Soweto Ndofaya'' tente changer la donne.

Chaque dimanche matin, Masike Lebele, 40 ans, emmène une vingtaine de randonneurs en balade à Soweto, le quartier de son enfance, sur un parcours où coexistent campagne et mines d'or abandonnées.

Tentant ainsi de redorer l’image de ce township de Johannesburg, victime de préjugés.

 » J'ai voulu créer une randonnée dans les décharges de mines. Parce que les gens pensent juste que les décharges de mines représentent un danger, pourtant, ce sont des lieux de plaisir et d'exploration ? En 2016, j’ai donc j'ai élaboré des sentiers sûrs que je peux faire visiter. » ; explique Masike Lebele, fondateur et guide du sentier Soweto Ndofaya.

La randonnée s’étend sur 7 kilomètres. Les randonneurs passant aussi par des galeries instables de sable compacté creusées par l’érosion.

« Oui, nous faisons des randonnées assez souvent, mais celle-ci est exceptionnelle, je pense, culturellement, elle est plus expansive. D'habitude, nous allons dans la nature, les ruisseaux, les montagnes et ainsi de suite, ici, c'est une expérience culturelle hors norme.'', se félicite Christo Welgemoed, randonneur.

A la sortie des galeries ocre, un plateau de sable blond offre une vue spectaculaire sur tout Soweto. Dommage pour ceux qui serait intéressé, les réservations sont pleines jusqu'en mars.

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Sports

Infos: Rwanda : enquête après des insultes visant l’arbitre Salima Mukansanga

Salima Mukansanga pendant le match de groupe B de la CAN entre le Zimbabwe et la Guinée au stade Ahmadou Ahidjo de Yaoundé, au Cameroun, le 18 janvier 2022   –   Copyright © africanews Themba Hadebe/Copyright 2022 The AP. All rights reserved. By Rédaction Africanews avec AFP Dernière MAJ: Il y a 1 heure Rwanda La

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Salima Mukansanga pendant le match de groupe B de la CAN entre le Zimbabwe et la Guinée au stade Ahmadou Ahidjo de Yaoundé, au Cameroun, le 18 janvier 2022   –  

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Themba Hadebe/Copyright 2022 The AP. All rights reserved.

Rwanda

La fédération rwandaise de football a ouvert une enquête à la suite d'insultes proférées lors d'un match de championnat par des supporters contre Salima Mukansanga, l'une des trois femmes désignées pour arbitrer des matches de la Coupe du monde hommes, a-t-on appris mercredi.

Mukansanga a été la cible de slogans hostiles de supporters du Kiyovu Football Club alors qu'elle arbitrait vendredi dernier le match de cette équipe contre Gasogi United qui s'était conclu par un nul 0-0.

Le club de Kiyovu a annoncé mercredi qu'il allait identifier et punir les auteurs de ces insultes. La Fédération a pour sa part annoncé mardi qu'elle avait lancé sa propre enquête sur cet incident.

Une porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo, s'est félicité de cette initiative prise afin de lutter contre ce « comportement inacceptable ».

Salima Mukansanga, 34 ans, était l'une des trois femmes sur la liste des 36 arbitres choisis par la FIFA pour participer à la Coupe du Monde 2022 au Qatar. Il s'agissait de la première fois que des femmes étaient retenues pour arbitrer une Coupe du Monde hommes.

Elle avait aussi été l'année dernière la première femme à être choisie comme arbitre pour la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) après avoir également arbitré lors de la Coupe du Monde femmes jouée en France en 2019.

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Infos: Turquie : 4 joueuses africaines ont « renforcé » l’Hatayspor

La milieu de terrain ivoirienne Aminata Haidara, l'attaquante burkinabéJuliette Nana, l'attaquante ghanéenne Suzzy Dede Teye et la milieu de terrain Priscilla Okyere   –   Copyright © africanews Anadolu By Rédaction Africanews avec ANADOLU Dernière MAJ: 24/01 – 15:28 Turquie Les quatre footballeuses africaines de l'équipe de Turkcell Women's Football Super League Onvo Hatayspor, recrutées en début

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Infos: Turquie : 4 joueuses africaines ont “renforcé” l’Hatayspor
La milieu de terrain ivoirienne Aminata Haidara, l'attaquante burkinabéJuliette Nana, l'attaquante ghanéenne Suzzy Dede Teye et la milieu de terrain Priscilla Okyere   –  

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Turquie

Les quatre footballeuses africaines de l'équipe de Turkcell Women's Football Super League Onvo Hatayspor, recrutées en début de saison, assument déjà le « fardeau des buts » de l'équipe.

Transférées en début de saison, la milieu de terrain ivoirienne de 26 ans Aminata Haidara, l'attaquante burkinabé de 22 ans Juliette Nana, l'attaquante ghanéenne de 21 ans Suzzy Dede Teye et la milieu de terrain de 27 ans Priscilla Okyere se sont adaptées à l'équipe en peu de temps.

Les Africaines, qui ont inscrit 9 des 23 buts marqués par leur équipe en 12 matches au cours des 13 semaines restantes du championnat, ont également réalisé 6 passes décisives.

Okyere avec 3 buts et 4 passes décisives, Teye avec 5 buts, Nana avec 1 but et 1 passe décisive, Haidara avec 1 passe décisive, ont joué un rôle important dans le maintien de leur équipe au sommet, qui se classe 2ème de la ligue.

Priscilla Okyere, milieu de terrain de 27 ans explique être  » venu ici parce que je voulais jouer dans une grande équipe comme Hatayspor, dans une grande ligue. C'est une grande opportunité pour moi parce que toutes les équipes en Turquie m'ont vu et je joue très bien en ce moment. Après cette saison, peut-être que je peux continuer à jouer dans une grande équipe en Europe ou à Hatayspor. »

Pour L'attaquante ghanéenne Suzzy Dede Teye, c'est sa première expérience internationale avec Hatayspor.

 » Si nous nous battons ensemble et que nous nous comprenons, je pense que nous pouvons aller loin en championnat. »

Le directeur technique Bugüner pour sa part met l'accent sur les points positifs des joueuses.

Déclarant que les joueurs qu'ils ont transférés en début de saison ont rejoint l'équipe après une longue recherche, Bugüner a indiqué « nos transferts ont eu lieu après des examens détaillés parmi des centaines de vidéos. »

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