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FRANCE :: RéLIGION

Infos: Actualités France :: PREDICATION DU DIMANCHE 18 DECEMBRE 2022 Rév. Dr Joël Hervé BOUDJA :: France news

Quatrième dimanche de l’Avent Textes : Esaïe 7, 10-16 ; Romains 1, 1-7 ; Matthieu 1 18 à 25 Matthieu ne devait pas être en très grande forme lorsqu’il a commencé à écrire son évangile. En quelques lignes, que de contradictions ! Nous découvrons que Marie avait été accordée en mariage à Joseph. En termes modernes, nous dirions qu’elle

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Infos: Actualités France :: PREDICATION DU DIMANCHE 18 DECEMBRE 2022 Rév. Dr Joël Hervé BOUDJA :: France news

Quatrième dimanche de l’Avent

Textes : Esaïe 7, 10-16 ; Romains 1, 1-7 ; Matthieu 1 18 à 25

Matthieu ne devait pas être en très grande forme lorsqu’il a commencé à écrire son évangile. En quelques lignes, que de contradictions ! Nous découvrons que Marie avait été accordée en mariage à Joseph. En termes modernes, nous dirions qu’elle est sa fiancée. Au verset suivant, il décide de la répudier, mais pour faire cela, ils devaient être mariés et enfin, un peu plus loin, l’ange lui dit : ne crains pas de prendre chez toi Marie ton épouse. Alors fiancée ou épouse ?

Pour les esprits contemporains, il y a ici un petit problème dont les conséquences sont importantes pour la compréhension du texte. Tournons-nous vers la culture juive de l’époque. Pour eux, les fiançailles étaient le temps qui commençait au moment où les parents avaient décidé que leurs enfants se marieraient. Vient ensuite le temps du mariage, c’est-à-dire l’année avant le mariage où les jeunes fiancés ratifiaient l’engagement de leurs parents respectifs. Nous sommes sans doute au cours de cette année-là dans le récit de Matthieu.

Durant les douze mois précédant la célébration, si le fiancé mourait, la fiancée était appelée « une vierge qui est veuve ». Une séparation équivalait à un divorce. Et le mariage clôturait cette année. Comme nous le voyons, dans la culture juive, il n’y a pas de contradiction dans le texte. Pourtant l’histoire racontée par Matthieu a vraisemblablement dû faire scandale dans le petit village de Nazareth : une fiancée enceinte avant le mariage ! Les commentaires ont dû aller bon train dans les chaumières. Et je crois qu’il y a deux manières de recevoir et de vivre un tel événement aujourd’hui encore.

La première est de nous enfermer dans le côté sensationnel et soi-disant scandaleux de l’événement. Nous entrons de la sorte dans le processus de médisance, du ragot qui va alimenter nos conversations. Nous discutons en étant persuadés que nous avons en main tous les éléments pour évaluer la situation, la juger et surtout la condamner.

Ce texte nous invite à oser faire un retour sur nous-mêmes : combien de fois dans nos vies n’entrons nous pas dans une telle dynamique, comme si le cancan mondain était quelque chose de vital. Comment se fait-il que médire fait tellement partie de la vie ?

Le ragot permet parfois de se sentir mieux que les autres ; il est un moyen de dépasser une certaine jalousie, une occasion de ne pas devoir se remettre en question, un outil pour se rassurer par rapport à ses propres failles, ou encore une façon pour se rencontrer sans se dire et sans être vulnérable. Pourtant, le ragot est quelque chose de lâche et signe de médiocrité humaine.

En effet, nous pensons que nous savons. Alors qu’en fait, nous ne savons rien, nous ne connaissons pas tous les tenants et aboutissants de la situation. Dès lors, lorsque nous nous sentons envahir par une telle dynamique, faisons-en nous l’exercice d’humilité de reconnaître qu’il nous manque trop d’éléments pour vraiment comprendre. Que l’histoire de Joseph nous rappelle que nous ne comprenons pas tout, qu’il y a souvent de l’exceptionnel qui nous dépasse et qui ne nous regarde pas.

Notre bonheur fondé sur le « dire du mal des autres » restera toujours éphémère et se retournera un jour contre soi. Pour nous, Joseph a pris le risque de la condamnation parce que nous susurre-t-il, il y a une autre manière de recevoir l’événement. Une manière qui fait grandir et fait avancer. Sans comprendre, sans avoir la prétention de tout saisir, Joseph dont on sait si peu de choses, nous invite, chacune et chacun dans son for intérieur à faire l’expérience de la confiance. La confiance d’abord en l’autre.

Trop d’éléments échappent à notre compréhension pour saisir la grandeur du mystère qu’il vit. Ce que Joseph a vécu est incompréhensible, est de l’ordre de l’indicible mais il a fait confiance, il a bravé la médiocrité humaine pour laisser advenir un mystère, le plus beau mystère de la création : laissez à Dieu le moment d’être avec nous. Par la confiance de Joseph en l’Esprit, Dieu-avec-nous, l’Emmanuel peut se donner et se célébrer.

Que Noël que nous fêterons dans quelques jours soit pour nous aussi une occasion de fermer en nous l’espace aux ragots pour vivre à jamais de cette confiance. Les regards que nous nous porterons les uns aux autres se transformeront et deviendront signes de Dieu-avec-nous. Alors notre communauté vivra. C’est pourquoi l’histoire de Joseph, au-delà de son mystère, est école de vie. Amen.

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Infos: Actualités France :: PREDICATION DU DIMANCHE 15 JANVIER 2022 Rév. Dr Joël Hervé BOUDJA :: France news

Textes : Esaïe 49, 3-6 ; 1 Corinthiens 1, 1-3 ; Jean 1, 29-34 « Et moi je ne le connaissais pas » : quelle parole étonnante ! Bien sûr, Jean Baptiste connaissait Jésus. C’était son propre cousin. Depuis longtemps il savait qu’il était le Messie, et il avait préparé sa venue, tracé son chemin, c’est lui qui

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Textes : Esaïe 49, 3-6 ; 1 Corinthiens 1, 1-3 ; Jean 1, 29-34

« Et moi je ne le connaissais pas » : quelle parole étonnante ! Bien sûr, Jean Baptiste connaissait Jésus. C’était son propre cousin. Depuis longtemps il savait qu’il était le Messie, et il avait préparé sa venue, tracé son chemin, c’est lui qui avait tressailli dans le sein de sa mère lorsque Marie est venue à la rencontre d’Élisabeth. Alors que veut dire cette parole ?

Jean Baptiste se faisait une représentation du Messie, comme tous les juifs de son temps. Il croyait à ce Messie qu’on attendait. Pour cela il fallait se convertir, préparer son cœur pour l’accueillir : « Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres, tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu » (Mt 3, 10). Il le présente comme un vanneur, qui va nettoyer son aire à battre le blé, qui sépare la paille du grain. Il va garder le grain et brûler la paille dans un feu qui ne se consume pas.

Le Messie est celui qui vient accomplir un jugement, il annonce un jour où tout va être remis en ordre, mais à quel prix ? C’est lui qui va baptiser dans l’Esprit Saint et le feu, qui va séparer les bons et les méchants, comme le feu du jugement dernier. C’est pourquoi en voyant Jésus venir à lui, pour se faire baptiser à la suite des pécheurs, Jean Baptiste s’exclame : « c’est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi, et c’est toi qui viens à moi !» (Mt 3, 14).

Jésus répond : « pour le moment, laisse-moi faire. Il faut accomplir toute justice ». Il faut souligner ce paradoxe : celui qui vient se faire baptiser dans les eaux de la mort, c’est lui qui vient apporter le baptême dans l’Esprit Saint. Le feu va descendre dans l’eau. Le feu de l’Esprit Saint nous est donné à travers l’eau de la repentance, non pas après mais dans le baptême.

« Et moi, je ne le connaissais pas ». Jésus se manifeste d’abord à Jean Baptiste, comme ce Messie serviteur souffrant qui prend les péchés, les souffrances des hommes. Il le manifeste en descendant dans l’eau de nos péchés. Jean Baptiste le désigne comme l’Agneau de Dieu qui porte les péchés du monde. Il ne le connaissait pas comme cela. Là il le découvre comme serviteur souffrant. C’est la nouveauté de la nouvelle Alliance, mais pourtant annoncée par les prophètes. Quel chemin a dû faire Jean Baptiste !

Ce n’est pas fini pour lui, car quand il sera en prison, il attendra encore la manifestation glorieuse du Messie. Mais apprenant les signes que Jésus opérait, ce qui ne correspondait pas à ce qu’on attendait du Messie, il dit : « Es-tu celui qui doit venir ou bien devons-nous en attendre un autre ?».

Ce chemin que Jean Baptiste a vécu, tout croyant doit le vivre dans son cœur, l’accueillir dans sa vie. Jésus nous déroute mais il est bon qu’il en soit ainsi. C’est cette image de Jésus qu’il faut faire nôtre, qu’il faut nous approprier. Comme pour ces gens qui lisent toujours le même journal, parce qu’il dit ce que l’on veut entendre, Jésus nous invite à sortir de nos habitudes. Jésus nous déroute parce qu’il ne va pas toujours dans le sens de nos opinions. L’Église de Jésus Christ d’Orient et d’Occident, qui rassemble tous les hommes, n’est ni de droite, ni de gauche ; elle n’est ni d’un côté ni de l’autre, ni traditionnelle, ni progressiste ; mais elle nous donne ce qu’il y a de meilleur dans chacun de ces courants, tout en les purifiant de ce qui n’est pas bon.

Avons-nous peur de ce que Jésus nous dit et qui nous déroute ? Sommes-nous capables d’accueillir en nous cette parole ?

Sommes-nous prêts à ce chemin de désinstallation de nos idées sur le Christ, l’Église, la Parole de Dieu?

Voilà la question que nous pose Jean Baptiste. Un chemin qui n’est pas sans douleur. Aujourd’hui où nous accueillons parfois des frères, des sœurs, qui sont d’autres confessions que nous et témoins d’autres traditions, engagés sur le même chemin du Christ, notre communauté doit s’ouvrir à la plénitude du Christ qui nous dépasse, nous dérange, nous appelle. Sachons accueillir les aspects du visage du Christ, dans les différents visages du monde. Tout cela est la Parole de Dieu. Accueillons-la dans notre cœur.

Bien-aimés dans le seigneur,

Il y a quelques années, j’ai vécu au cours d’un culte une expérience quelque peu étonnante, voire même étrange. Il y avait devant moi, un jeune homme qui n’arrêtait pas de me fixer de son regard. Et cela depuis le début du culte. Il m’était impossible de l’éviter. Chaque fois que mes yeux balayaient l’assemblée, je croisais les siens. J’étais dérangé parce que je n’arrivais pas à comprendre la fixité et l’intensité de son regard à mon égard. Quelques mauvaises pensées m’ont même traversé l’esprit au cours de la prière eucharistique lorsque je constatais qu’il continuait de me regarder de la sorte. Un peu comme si en paraphrasant le texte de Raoul Follereau, chaque fois, que je le voyais, je savais par lui que j’étais vivant.

Bien vivant puisque je sentais en moi monter un certain énervement. Quelle ne fut pas ma surprise après lui avoir donné la communion de découvrir lorsqu’il s’est retourné qu’il portait des appareils auditifs et que depuis le début du culte, il lisait sur mes lèvres. A cet instant, je compris l’intensité de son regard. C’est par ses yeux qu’il pouvait m’entendre.

Finalement, je me suis rendu compte qu’un regard est rarement neutre. Certains regards nous étonnent, d’autres nous effrayent, d’autres encore nous rassurent Il suffit parfois d’un simple regard pour se trouver bien ou pour être mal. A un moment donné de la vie, le regard de l’autre me façonne, me construit. Et souvent quand il me déstabilise, c’est parce que j’ai peur d’être jugé, incompris, condamné, en fait mal aimé tout simplement. De plus, par mon regard, tu ressentiras toute l’amitié que j’ai pour toi et moi par tes yeux, je reconnais les sentiments qui habitent au plus profond de ton être. C’est dans les yeux de l’autre que nous cherchons des forces pour affronter des moments plus difficiles. Par un simple coup d’œil, je sais que je ne suis plus tout seul.

Quelqu’un est là, il m’aime et me redonne le courage. Ce n’est pas si étonnant que cela, cette puissance du regard, n’est-il pas vrai qu’avec les yeux, nous ne pouvons pas mentir. Un peu comme si ceux-ci étaient le miroir de notre âme. Ils disent quelque chose de nous. C’est pourquoi, j’aime plonger dans le regard de l’être aimé pour retrouver confiance. C’est vrai, il suffit parfois d’un simple regard pour se dire tant de choses. Qui d’entre nous, lorsqu’il était à l’école, par exemple, ne comprenait pas ses voisins de classe par de simples regards ?

Combien de chahuts n’ont pas commencé de la sorte. Le regard est tellement important qu’il n’y a rien de pire que de parler à quelqu’un qui a mis des lentilles de contacts illustrées ou encore quelqu’un dont nous ne pouvons pas voir les yeux cachés derrière des lunettes de soleil. Je trouve cela personnellement insupportable et j’invite toujours la personne à les retirer sauf évidemment si celles-ci permettent de cacher la douleur d’un événement. Dans les autres cas, j’ai toujours l’impression que si la personne cache ses yeux, la relation n’est pas tout à fait vraie. Je ne peux pas véritablement entrer en contact. Tout comme celles et ceux qui lorsqu’ils vous parlent regardent par terre, derrière ou à côté de vous.

Les yeux sont donc essentiels et c’est sans doute la raison pour laquelle Esaïe écrit :  » oui, j’ai du prix aux yeux du Seigneur, c’est mon Dieu qui est ma force  » ou encore lorsque Raoul Follereau conclut :  » quand je la vois, je sais par elle que je suis vivant « . Merveille du regard qui fait vivre. Merveille du regard qui s’attarde. Parce que finalement les yeux, c’est un peu comme la foi.

Dans la vie, toutes et tous, nous voyons des choses. Souvent de manière différente. Certains voient des détails auxquels les autres n’auront pas spécialement prêté attention. Il y a même parfois des choses que nous ne voyons pas du tout, comme si nous avions nos yeux en poche. C’est en cela que les yeux sont un peu comme la foi. Le regard est la lumière de l’amour et de la foi qui voit là où d’autres ne voient rien. Ce n’est donc pas parce que je n’ai pas vu quelque chose que la chose n’existe pas pour autant. Il en va de même pour la foi. Une foi éclairée par l’Esprit qui nous permet, comme Jean le Baptiste lorsque nous posons notre regard sur le mystère du Christ, de reconnaître, nous aussi :  » oui, je l’ai vu, c’est lui le Fils de Dieu « . Que par nos yeux nous puissions toujours voir la réalité, la vérité de Dieu. Amen.

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Textes : Esaïe 49, 3-6 ; 1 Corinthiens 1, 1-3 ; Jean 1, 29-34 « Et moi je ne le connaissais pas » : quelle parole étonnante ! Bien sûr, Jean Baptiste connaissait Jésus. C’était son propre cousin. Depuis longtemps il savait qu’il était le Messie, et il avait préparé sa venue, tracé son chemin, c’est lui qui

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Textes : Esaïe 49, 3-6 ; 1 Corinthiens 1, 1-3 ; Jean 1, 29-34

« Et moi je ne le connaissais pas » : quelle parole étonnante ! Bien sûr, Jean Baptiste connaissait Jésus. C’était son propre cousin. Depuis longtemps il savait qu’il était le Messie, et il avait préparé sa venue, tracé son chemin, c’est lui qui avait tressailli dans le sein de sa mère lorsque Marie est venue à la rencontre d’Élisabeth. Alors que veut dire cette parole ?

Jean Baptiste se faisait une représentation du Messie, comme tous les juifs de son temps. Il croyait à ce Messie qu’on attendait. Pour cela il fallait se convertir, préparer son cœur pour l’accueillir : « Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres, tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu » (Mt 3, 10). Il le présente comme un vanneur, qui va nettoyer son aire à battre le blé, qui sépare la paille du grain. Il va garder le grain et brûler la paille dans un feu qui ne se consume pas.

Le Messie est celui qui vient accomplir un jugement, il annonce un jour où tout va être remis en ordre, mais à quel prix ? C’est lui qui va baptiser dans l’Esprit Saint et le feu, qui va séparer les bons et les méchants, comme le feu du jugement dernier. C’est pourquoi en voyant Jésus venir à lui, pour se faire baptiser à la suite des pécheurs, Jean Baptiste s’exclame : « c’est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi, et c’est toi qui viens à moi !» (Mt 3, 14).

Jésus répond : « pour le moment, laisse-moi faire. Il faut accomplir toute justice ». Il faut souligner ce paradoxe : celui qui vient se faire baptiser dans les eaux de la mort, c’est lui qui vient apporter le baptême dans l’Esprit Saint. Le feu va descendre dans l’eau. Le feu de l’Esprit Saint nous est donné à travers l’eau de la repentance, non pas après mais dans le baptême.

« Et moi, je ne le connaissais pas ». Jésus se manifeste d’abord à Jean Baptiste, comme ce Messie serviteur souffrant qui prend les péchés, les souffrances des hommes. Il le manifeste en descendant dans l’eau de nos péchés. Jean Baptiste le désigne comme l’Agneau de Dieu qui porte les péchés du monde. Il ne le connaissait pas comme cela. Là il le découvre comme serviteur souffrant. C’est la nouveauté de la nouvelle Alliance, mais pourtant annoncée par les prophètes. Quel chemin a dû faire Jean Baptiste !

Ce n’est pas fini pour lui, car quand il sera en prison, il attendra encore la manifestation glorieuse du Messie. Mais apprenant les signes que Jésus opérait, ce qui ne correspondait pas à ce qu’on attendait du Messie, il dit : « Es-tu celui qui doit venir ou bien devons-nous en attendre un autre ?».

Ce chemin que Jean Baptiste a vécu, tout croyant doit le vivre dans son cœur, l’accueillir dans sa vie. Jésus nous déroute mais il est bon qu’il en soit ainsi. C’est cette image de Jésus qu’il faut faire nôtre, qu’il faut nous approprier. Comme pour ces gens qui lisent toujours le même journal, parce qu’il dit ce que l’on veut entendre, Jésus nous invite à sortir de nos habitudes. Jésus nous déroute parce qu’il ne va pas toujours dans le sens de nos opinions. L’Église de Jésus Christ d’Orient et d’Occident, qui rassemble tous les hommes, n’est ni de droite, ni de gauche ; elle n’est ni d’un côté ni de l’autre, ni traditionnelle, ni progressiste ; mais elle nous donne ce qu’il y a de meilleur dans chacun de ces courants, tout en les purifiant de ce qui n’est pas bon.

Avons-nous peur de ce que Jésus nous dit et qui nous déroute ? Sommes-nous capables d’accueillir en nous cette parole ?

Sommes-nous prêts à ce chemin de désinstallation de nos idées sur le Christ, l’Église, la Parole de Dieu?

Voilà la question que nous pose Jean Baptiste. Un chemin qui n’est pas sans douleur. Aujourd’hui où nous accueillons parfois des frères, des sœurs, qui sont d’autres confessions que nous et témoins d’autres traditions, engagés sur le même chemin du Christ, notre communauté doit s’ouvrir à la plénitude du Christ qui nous dépasse, nous dérange, nous appelle. Sachons accueillir les aspects du visage du Christ, dans les différents visages du monde. Tout cela est la Parole de Dieu. Accueillons-la dans notre cœur.

Bien-aimés dans le seigneur,

Il y a quelques années, j’ai vécu au cours d’un culte une expérience quelque peu étonnante, voire même étrange. Il y avait devant moi, un jeune homme qui n’arrêtait pas de me fixer de son regard. Et cela depuis le début du culte. Il m’était impossible de l’éviter. Chaque fois que mes yeux balayaient l’assemblée, je croisais les siens. J’étais dérangé parce que je n’arrivais pas à comprendre la fixité et l’intensité de son regard à mon égard. Quelques mauvaises pensées m’ont même traversé l’esprit au cours de la prière eucharistique lorsque je constatais qu’il continuait de me regarder de la sorte. Un peu comme si en paraphrasant le texte de Raoul Follereau, chaque fois, que je le voyais, je savais par lui que j’étais vivant.

Bien vivant puisque je sentais en moi monter un certain énervement. Quelle ne fut pas ma surprise après lui avoir donné la communion de découvrir lorsqu’il s’est retourné qu’il portait des appareils auditifs et que depuis le début du culte, il lisait sur mes lèvres. A cet instant, je compris l’intensité de son regard. C’est par ses yeux qu’il pouvait m’entendre.

Finalement, je me suis rendu compte qu’un regard est rarement neutre. Certains regards nous étonnent, d’autres nous effrayent, d’autres encore nous rassurent Il suffit parfois d’un simple regard pour se trouver bien ou pour être mal. A un moment donné de la vie, le regard de l’autre me façonne, me construit. Et souvent quand il me déstabilise, c’est parce que j’ai peur d’être jugé, incompris, condamné, en fait mal aimé tout simplement. De plus, par mon regard, tu ressentiras toute l’amitié que j’ai pour toi et moi par tes yeux, je reconnais les sentiments qui habitent au plus profond de ton être. C’est dans les yeux de l’autre que nous cherchons des forces pour affronter des moments plus difficiles. Par un simple coup d’œil, je sais que je ne suis plus tout seul.

Quelqu’un est là, il m’aime et me redonne le courage. Ce n’est pas si étonnant que cela, cette puissance du regard, n’est-il pas vrai qu’avec les yeux, nous ne pouvons pas mentir. Un peu comme si ceux-ci étaient le miroir de notre âme. Ils disent quelque chose de nous. C’est pourquoi, j’aime plonger dans le regard de l’être aimé pour retrouver confiance. C’est vrai, il suffit parfois d’un simple regard pour se dire tant de choses. Qui d’entre nous, lorsqu’il était à l’école, par exemple, ne comprenait pas ses voisins de classe par de simples regards ?

Combien de chahuts n’ont pas commencé de la sorte. Le regard est tellement important qu’il n’y a rien de pire que de parler à quelqu’un qui a mis des lentilles de contacts illustrées ou encore quelqu’un dont nous ne pouvons pas voir les yeux cachés derrière des lunettes de soleil. Je trouve cela personnellement insupportable et j’invite toujours la personne à les retirer sauf évidemment si celles-ci permettent de cacher la douleur d’un événement. Dans les autres cas, j’ai toujours l’impression que si la personne cache ses yeux, la relation n’est pas tout à fait vraie. Je ne peux pas véritablement entrer en contact. Tout comme celles et ceux qui lorsqu’ils vous parlent regardent par terre, derrière ou à côté de vous.

Les yeux sont donc essentiels et c’est sans doute la raison pour laquelle Esaïe écrit :  » oui, j’ai du prix aux yeux du Seigneur, c’est mon Dieu qui est ma force  » ou encore lorsque Raoul Follereau conclut :  » quand je la vois, je sais par elle que je suis vivant « . Merveille du regard qui fait vivre. Merveille du regard qui s’attarde. Parce que finalement les yeux, c’est un peu comme la foi.

Dans la vie, toutes et tous, nous voyons des choses. Souvent de manière différente. Certains voient des détails auxquels les autres n’auront pas spécialement prêté attention. Il y a même parfois des choses que nous ne voyons pas du tout, comme si nous avions nos yeux en poche. C’est en cela que les yeux sont un peu comme la foi. Le regard est la lumière de l’amour et de la foi qui voit là où d’autres ne voient rien. Ce n’est donc pas parce que je n’ai pas vu quelque chose que la chose n’existe pas pour autant. Il en va de même pour la foi. Une foi éclairée par l’Esprit qui nous permet, comme Jean le Baptiste lorsque nous posons notre regard sur le mystère du Christ, de reconnaître, nous aussi :  » oui, je l’ai vu, c’est lui le Fils de Dieu « . Que par nos yeux nous puissions toujours voir la réalité, la vérité de Dieu. Amen.

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Infos: Actualités France :: PREDICATION DU DIMANCHE 1er JANVIER 2023 Rév. Dr Joël Hervé BOUDJA Jour de l’an :: France news

Textes : Nombres 6, 22-27 ; Galates 4, 4-7 ; Luc 2, 16-21 Sœurs et frères en Jésus Christ, Nous accueillons aujourd’hui avec joie et action de grâce, une nouvelle année. Cela fait une semaine que nous avons célébré Noël. Et en ce début d’année, j’aimerai revenir sur l’histoire de Noël. Oh ! ne me comprenez pas de travers

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Textes : Nombres 6, 22-27 ; Galates 4, 4-7 ; Luc 2, 16-21

Sœurs et frères en Jésus Christ,

Nous accueillons aujourd’hui avec joie et action de grâce, une nouvelle année. Cela fait une semaine que nous avons célébré Noël. Et en ce début d’année, j’aimerai revenir sur l’histoire de Noël.

Oh ! ne me comprenez pas de travers, il ne s’agit pas de verser dans le sentimentalisme et les histoires à l’eau de rose ; il ne s’agit pas de réduire le Christ à une histoire de beau bébé rose qui sourit à la vie et qui nous arrache des larmes d’émotion et de joie. Mais peut-être que la présence des enfants peut nous entraîner dans la prise de conscience de la victoire de la vie et de la joie sur toutes les morts qui jalonnent nos vies.

Et je ne veux pas seulement parler de la morts des êtres chers qui nous ont quittés ; je veux parler de toutes ces blessures, de toutes ces déceptions, de toutes ces tristesses, de toutes ces fautes, de tous ces regrets qui sont autant de morts qui nous figent et nous enferment dans une résignation, parfois une honte et toujours une tristesse infinie ; oui, je veux parler de toutes ces ténèbres qui jalonnent notre vie et qui nous poussent dans les ornières de l’amertume et du doute, de la révolte ou de la haine (de Dieu et / ou des hommes) qui blessent et épuisent une vie d’homme. Je veux parler de tout ce qui dans notre vie nous empêche de relever la tête et de croire aux promesses de Dieu ; de croire à la victoire de la vie et de l’amour, du pardon et de la paix sur la mort, la haine, la faute et la désunion.

Aujourd’hui, l’Evangile nous met en présence des bergers, ces marginaux, un peu fruste et rustre, méprisé de la société du temps de Jésus. Les considérait-on seulement comme des hommes à part entière ?
 
Je n’en suis pas si sûre. Toujours est-il que c’est eux justement que les anges, c’est à dire les messagers de la Bonne nouvelle du salut de Dieu, viennent rencontrer. Et c’est à des cœurs résignés et blessés, endurcis et blasés, que la naissance du sauveur ; que cette vie nouvelle prémisse de nouvelle naissance dans la vie des hommes est annoncée.

Et je me suis demandé comment j’aurais réagi à cette nouvelle ; aurai-je seulement accepté d’entendre ce qu’annonçaient les anges ? aurais-je été aussi curieux que les bergers et me serais-je mis en route pour voir ? N’aurais-je pas plutôt conclu que ces anges n’étaient qu’une bande de farfelus, d’illuminés… mais pas forcément par la grâce de Dieu ? Peut-être aurais-je secoué la tête en me disant qu’il faut de tout pour faire un monde, mais qu’en tout cas moi, on ne m’aurait pas avec une histoire de naissance dans une crèche et de langes.

Mais peut-être que justement, les vrais blasés ne sont pas ceux qu’on croit ; les vrais résignés, les vrais incrédules ne sont pas ceux qu’on imagine ou catalogue comme tels ; peut-être que les plus insensibles, les plus durs de cœurs, les plus orgueilleux et les plus fiers, ne sont pas ceux qu’on fige et classe ainsi.

En fait, qui suis-je en vérité, derrière la façade que je me fabrique souvent ? Suis-je encore capable d’émerveillement ? Suis-encore capable de reconnaître dans ma vie, les signes de l’amour et de la tendresse de Dieu ? Suis-je encore capable de recevoir et de croire que l’enfant de la crèche, né en marge de la société des hommes, est véritablement le sauveur du monde, … le sauveur de ma vie qui change mes tristesses en joie, mes déceptions et mes amertumes en explosion de vie, mes mutismes et mes doutes en témoignage de foi et d’espérance ?

Les bergers, se sont mis en route ; au point où ils en étaient, ils n’avaient plus rien à perdre. Mais faut-il tomber aussi bas pour enfin se mettre en route à la recherche du Christ ?

Toujours est-il qu’ils se mettent en route vers l’enfant de la crèche pour voir ce que les anges leur avaient annoncé. Et cette mise en route, va être pour eux le commencement d’un bouleversement radical de leur vie ; auprès de l’enfant de la crèche, ils vont vivre une nouvelle naissance, une véritable résurrection à la joie et à la vie ; cette rencontre avec le Christ va les réintégrer dans le monde des hommes et les conduire vers ceux qui les excluaient afin de leur apporter la bonne nouvelle de l’amour et du pardon de Dieu. 
 
Le monde à l’envers ! Les derniers deviennent les premiers. Les sans-voix deviennent des témoins ; ceux qui ont peur et vivent dans la crainte, chantent – à la manière des anges – la louange de Dieu. Eux qu’on considérait un peu comme des démons, ils deviennent en fait eux-mêmes anges, messagers de Dieu sur terre, porteurs de bonne nouvelle ; témoins d’une expérience vécue et non d’un catéchisme rabâché. Témoins d’un événement qui est pour eux un avènement ; d’une vie qui devient leur vie et qui fera dire plus tard à l’apôtre Paul et à des générations de croyants : Christ est ma vie !

Voilà la réalité de Noël : des hommes ont entendu, ont cru et ont vu et l’ont fait connaître au monde entier. Ils n’étaient pas des héros, ni des savants ou des princes mais de simples bergers capables d’émerveillement ; assez conscients de leur détresse et de leur misère, de leurs limites et de leur vide intérieur pour accepter de se laisser toucher pour la tendresse de Dieu et de faire le pari de l’amour et de la vie.

Et nous ?

Les bergers repartent de la crèche vers le quotidien de leurs jours, mais désormais, ils ne sont plus les mêmes, leur silence s’est déployé en témoignage et en partage ; en chant de louange et de joie ; oh leur vie n’a certainement pas beaucoup changé ; ils sont et restent bergers. Mais au fond d’eux-mêmes, dans leur cœur, dans leur tête tout a changé car ils se savent désormais reconnus et aimés d’un amour infini, l’amour de Dieu qui s’est approché d’eux dans ce petit enfant de la crèche.

Tout est bouleversé : les exclus sont les premiers accueillis ; les méprisés sont réintégrés dans leur dignité humaine ; ceux qui vivent dans la crainte et la tristesse sont rendus à la joie ; ceux qui vivent dans l’obscurité et la mort sont rendu à la lumière et à la vie.

C’est cela Noël : un bouleversement dans toute logique humaine ; un renversement des raisonnements et des discours humains, une révolution des valeurs, des priorités et les principes, simplement, par la naissance d’un enfant. Pouvez-vous comprendre cela ?

Nous sommes venus, aujourd’hui, fêter la nouvelle année 2023 qui suit la continuité de Noël, autrement dit, nous sommes venus accueillir et fêter une révolution, un renversement, un bouleversement dans notre vie ; nous sommes venus pour réapprendre l’émerveillement devant la promesse de vie et d’espérance ; nous sommes venus réapprendre la foi et la confiance au lieu de la crainte et de la peur.

Nous sommes venus pour retrouver un nouveau souffle, un nouvel élan dans notre vie figée dans l’amertume ou la tristesse, blessée par la faute ou la mort ; nous sommes venus réapprendre l’adoration, la louange et l’action de grâce à Dieu qui nous a rejoint dans nos solitudes et nos fragilités et qui nous met en mouvement, en route vers la vie et vers les autres.

Nous sommes venus, comme les bergers, pour accueillir dans notre vie, le Messie, le Sauveur promis, Jésus Christ, lumière dans nos obscurités, réconciliation et paix dans nos fautes et nos rancœurs, consolation et vie dans nos blessures et nos morts.

Sœurs et frères, si c’est effectivement ainsi que nous sommes venus aujourd’hui dans cette église, pour fêter la nouvelle année que Dieu nous accorde, pour fêter le Christ qui vient de naître en chacune et chacun de nous, alors nous ne repartirons pas les cœurs vides ; alors notre vie peut renaître à l’amour et à l’espérance, à la paix du cœur et à la joie, au pardon et à la réconciliation, autrement dit : au bonheur véritable et à la vie en plénitude par le Christ qui veut naître aujourd’hui dans la fragilité, dans les impasses et dans les nuits de nos vies !

L’année 2022 nous a conduit à reconsidérer ce qui est essentiel.

Je vous adresse tous mes vœux pour une année pleine de lumière, d’espérance et d’inattendu créateur de vie pour vous et vos proches.

Je vous souhaite de tout cœur une nouvelle année, généreuse en humanité, riche de simplicité, pleine de joie vraie et profonde.

Et que la paix habite vos cœurs pour accueillir avec confiance chaque moment. 

Avec mes meilleures pensées, dans l’assurance de sa Venue et une espérance ravivée pour le monde. Amen.

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