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FRANCE :: RéLIGION

Infos: Actualités France :: PREDICATION DU DIMANCHE 15 JANVIER 2022 Rév. Dr Joël Hervé BOUDJA :: France news

Textes : Esaïe 49, 3-6 ; 1 Corinthiens 1, 1-3 ; Jean 1, 29-34 « Et moi je ne le connaissais pas » : quelle parole étonnante ! Bien sûr, Jean Baptiste connaissait Jésus. C’était son propre cousin. Depuis longtemps il savait qu’il était le Messie, et il avait préparé sa venue, tracé son chemin, c’est lui qui

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Infos: Actualités France :: PREDICATION DU DIMANCHE 15 JANVIER 2022 Rév. Dr Joël Hervé BOUDJA :: France news

Textes : Esaïe 49, 3-6 ; 1 Corinthiens 1, 1-3 ; Jean 1, 29-34

« Et moi je ne le connaissais pas » : quelle parole étonnante ! Bien sûr, Jean Baptiste connaissait Jésus. C’était son propre cousin. Depuis longtemps il savait qu’il était le Messie, et il avait préparé sa venue, tracé son chemin, c’est lui qui avait tressailli dans le sein de sa mère lorsque Marie est venue à la rencontre d’Élisabeth. Alors que veut dire cette parole ?

Jean Baptiste se faisait une représentation du Messie, comme tous les juifs de son temps. Il croyait à ce Messie qu’on attendait. Pour cela il fallait se convertir, préparer son cœur pour l’accueillir : « Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres, tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu » (Mt 3, 10). Il le présente comme un vanneur, qui va nettoyer son aire à battre le blé, qui sépare la paille du grain. Il va garder le grain et brûler la paille dans un feu qui ne se consume pas.

Le Messie est celui qui vient accomplir un jugement, il annonce un jour où tout va être remis en ordre, mais à quel prix ? C’est lui qui va baptiser dans l’Esprit Saint et le feu, qui va séparer les bons et les méchants, comme le feu du jugement dernier. C’est pourquoi en voyant Jésus venir à lui, pour se faire baptiser à la suite des pécheurs, Jean Baptiste s’exclame : « c’est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi, et c’est toi qui viens à moi !» (Mt 3, 14).

Jésus répond : « pour le moment, laisse-moi faire. Il faut accomplir toute justice ». Il faut souligner ce paradoxe : celui qui vient se faire baptiser dans les eaux de la mort, c’est lui qui vient apporter le baptême dans l’Esprit Saint. Le feu va descendre dans l’eau. Le feu de l’Esprit Saint nous est donné à travers l’eau de la repentance, non pas après mais dans le baptême.

« Et moi, je ne le connaissais pas ». Jésus se manifeste d’abord à Jean Baptiste, comme ce Messie serviteur souffrant qui prend les péchés, les souffrances des hommes. Il le manifeste en descendant dans l’eau de nos péchés. Jean Baptiste le désigne comme l’Agneau de Dieu qui porte les péchés du monde. Il ne le connaissait pas comme cela. Là il le découvre comme serviteur souffrant. C’est la nouveauté de la nouvelle Alliance, mais pourtant annoncée par les prophètes. Quel chemin a dû faire Jean Baptiste !

Ce n’est pas fini pour lui, car quand il sera en prison, il attendra encore la manifestation glorieuse du Messie. Mais apprenant les signes que Jésus opérait, ce qui ne correspondait pas à ce qu’on attendait du Messie, il dit : « Es-tu celui qui doit venir ou bien devons-nous en attendre un autre ?».

Ce chemin que Jean Baptiste a vécu, tout croyant doit le vivre dans son cœur, l’accueillir dans sa vie. Jésus nous déroute mais il est bon qu’il en soit ainsi. C’est cette image de Jésus qu’il faut faire nôtre, qu’il faut nous approprier. Comme pour ces gens qui lisent toujours le même journal, parce qu’il dit ce que l’on veut entendre, Jésus nous invite à sortir de nos habitudes. Jésus nous déroute parce qu’il ne va pas toujours dans le sens de nos opinions. L’Église de Jésus Christ d’Orient et d’Occident, qui rassemble tous les hommes, n’est ni de droite, ni de gauche ; elle n’est ni d’un côté ni de l’autre, ni traditionnelle, ni progressiste ; mais elle nous donne ce qu’il y a de meilleur dans chacun de ces courants, tout en les purifiant de ce qui n’est pas bon.

Avons-nous peur de ce que Jésus nous dit et qui nous déroute ? Sommes-nous capables d’accueillir en nous cette parole ?

Sommes-nous prêts à ce chemin de désinstallation de nos idées sur le Christ, l’Église, la Parole de Dieu?

Voilà la question que nous pose Jean Baptiste. Un chemin qui n’est pas sans douleur. Aujourd’hui où nous accueillons parfois des frères, des sœurs, qui sont d’autres confessions que nous et témoins d’autres traditions, engagés sur le même chemin du Christ, notre communauté doit s’ouvrir à la plénitude du Christ qui nous dépasse, nous dérange, nous appelle. Sachons accueillir les aspects du visage du Christ, dans les différents visages du monde. Tout cela est la Parole de Dieu. Accueillons-la dans notre cœur.

Bien-aimés dans le seigneur,

Il y a quelques années, j’ai vécu au cours d’un culte une expérience quelque peu étonnante, voire même étrange. Il y avait devant moi, un jeune homme qui n’arrêtait pas de me fixer de son regard. Et cela depuis le début du culte. Il m’était impossible de l’éviter. Chaque fois que mes yeux balayaient l’assemblée, je croisais les siens. J’étais dérangé parce que je n’arrivais pas à comprendre la fixité et l’intensité de son regard à mon égard. Quelques mauvaises pensées m’ont même traversé l’esprit au cours de la prière eucharistique lorsque je constatais qu’il continuait de me regarder de la sorte. Un peu comme si en paraphrasant le texte de Raoul Follereau, chaque fois, que je le voyais, je savais par lui que j’étais vivant.

Bien vivant puisque je sentais en moi monter un certain énervement. Quelle ne fut pas ma surprise après lui avoir donné la communion de découvrir lorsqu’il s’est retourné qu’il portait des appareils auditifs et que depuis le début du culte, il lisait sur mes lèvres. A cet instant, je compris l’intensité de son regard. C’est par ses yeux qu’il pouvait m’entendre.

Finalement, je me suis rendu compte qu’un regard est rarement neutre. Certains regards nous étonnent, d’autres nous effrayent, d’autres encore nous rassurent Il suffit parfois d’un simple regard pour se trouver bien ou pour être mal. A un moment donné de la vie, le regard de l’autre me façonne, me construit. Et souvent quand il me déstabilise, c’est parce que j’ai peur d’être jugé, incompris, condamné, en fait mal aimé tout simplement. De plus, par mon regard, tu ressentiras toute l’amitié que j’ai pour toi et moi par tes yeux, je reconnais les sentiments qui habitent au plus profond de ton être. C’est dans les yeux de l’autre que nous cherchons des forces pour affronter des moments plus difficiles. Par un simple coup d’œil, je sais que je ne suis plus tout seul.

Quelqu’un est là, il m’aime et me redonne le courage. Ce n’est pas si étonnant que cela, cette puissance du regard, n’est-il pas vrai qu’avec les yeux, nous ne pouvons pas mentir. Un peu comme si ceux-ci étaient le miroir de notre âme. Ils disent quelque chose de nous. C’est pourquoi, j’aime plonger dans le regard de l’être aimé pour retrouver confiance. C’est vrai, il suffit parfois d’un simple regard pour se dire tant de choses. Qui d’entre nous, lorsqu’il était à l’école, par exemple, ne comprenait pas ses voisins de classe par de simples regards ?

Combien de chahuts n’ont pas commencé de la sorte. Le regard est tellement important qu’il n’y a rien de pire que de parler à quelqu’un qui a mis des lentilles de contacts illustrées ou encore quelqu’un dont nous ne pouvons pas voir les yeux cachés derrière des lunettes de soleil. Je trouve cela personnellement insupportable et j’invite toujours la personne à les retirer sauf évidemment si celles-ci permettent de cacher la douleur d’un événement. Dans les autres cas, j’ai toujours l’impression que si la personne cache ses yeux, la relation n’est pas tout à fait vraie. Je ne peux pas véritablement entrer en contact. Tout comme celles et ceux qui lorsqu’ils vous parlent regardent par terre, derrière ou à côté de vous.

Les yeux sont donc essentiels et c’est sans doute la raison pour laquelle Esaïe écrit :  » oui, j’ai du prix aux yeux du Seigneur, c’est mon Dieu qui est ma force  » ou encore lorsque Raoul Follereau conclut :  » quand je la vois, je sais par elle que je suis vivant « . Merveille du regard qui fait vivre. Merveille du regard qui s’attarde. Parce que finalement les yeux, c’est un peu comme la foi.

Dans la vie, toutes et tous, nous voyons des choses. Souvent de manière différente. Certains voient des détails auxquels les autres n’auront pas spécialement prêté attention. Il y a même parfois des choses que nous ne voyons pas du tout, comme si nous avions nos yeux en poche. C’est en cela que les yeux sont un peu comme la foi. Le regard est la lumière de l’amour et de la foi qui voit là où d’autres ne voient rien. Ce n’est donc pas parce que je n’ai pas vu quelque chose que la chose n’existe pas pour autant. Il en va de même pour la foi. Une foi éclairée par l’Esprit qui nous permet, comme Jean le Baptiste lorsque nous posons notre regard sur le mystère du Christ, de reconnaître, nous aussi :  » oui, je l’ai vu, c’est lui le Fils de Dieu « . Que par nos yeux nous puissions toujours voir la réalité, la vérité de Dieu. Amen.

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Infos: Actualités France :: PREDICATION DU DIMANCHE 21 MAI 2023 Par le Rév. Dr Joël Hervé BOUDJA :: France news

Textes : Actes 1, 12 – 14 ; 1 Pierre 4, 13-16 ; Jean 17, 1b-11a « Père, glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie » Dans l’Evangile de ce dimanche, il est beaucoup question de gloire, de glorifier, de glorification. Le terme de gloire est assez bien présent dans la Bible. Mais qu’est-ce que cela

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Infos: Actualités France :: PREDICATION DU DIMANCHE 21 MAI 2023  Par le Rév. Dr Joël Hervé BOUDJA :: France news

Textes : Actes 1, 12 – 14 ; 1 Pierre 4, 13-16 ; Jean 17, 1b-11a

« Père, glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie »

Dans l’Evangile de ce dimanche, il est beaucoup question de gloire, de glorifier, de glorification. Le terme de gloire est assez bien présent dans la Bible. Mais qu’est-ce que cela veut dire ? Pour la plupart d’entre nous, la gloire désigne le fait d’avoir une grande réputation, d’où l’expression « avoir son heure de gloire ». Il s’agit donc de succès, d’éclat ou encore de célébrité.

Or, il semble bien que Jésus ne demande pas à son Père de faire de lui une star, bien que son histoire soit restée célèbre. Dans la Bible, la gloire n’est pas une affaire de renommée ou de réputation mais une affaire de présence. En effet, parler de la gloire de Dieu, c’est parler de la présence agissante de Dieu dans notre monde. Lorsque nous chantons, le Gloria, « le Gloire à Dieu au plus haut des cieux », nous exprimons notre joie devant cette présence active de Dieu dans notre vie et notre monde. Dieu n’est pas absent de notre vie, même s’il est souvent discret et silencieux. Dieu agit à sa façon dans les profondeurs de notre être et de l’humanité.

Jésus, sans éclat ni tambour, a concrétisé cette présence aimante de Dieu auprès des hommes et des femmes, en cheminant avec eux, en étant à leur niveau. C’est pour cela qu’il est dans la gloire de Dieu, qu’il est la gloire de Dieu. Jésus a fait que le Dieu Tout Autre devienne proche et présent dans la vie quotidienne. C’est peut-être cela son succès. Jésus ne brille pas par les apparences et les beaux discours mais il rayonne par le don de lui-même. En donnant sa vie sur la Croix, Jésus a accepté d’aller jusqu’au bout de sa mission. Il a refusé la violence et est resté fidèle à son message d’amour au sujet du Dieu proche. Il est l’Emmanuel, ce qui veut dire « Dieu avec nous ». C’est en accomplissant sa mission que Jésus a glorifié son Père. Ensuite, c’est par la résurrection que le Père a glorifié son Fils. De façon inouïe, le Père s’est rendu proche de son Fils en lui donnant la vie, en le relevant du séjour des morts.

Lorsque Jésus parle des croyants, il parle de ceux qui lui ont été donnés et en qui il trouve sa gloire. « Je trouve ma gloire en eux ». Autrement dit, ce sont les disciples qui offrent au Christ une présence, une proximité. Maintenant que Jésus est remonté auprès du Père, c’est à nous à rendre Dieu présent dans le monde. Nous sommes à une époque où on parle beaucoup des religions et du religieux mais on ne parle plus tellement de Dieu tel que Jésus nous l’a révélé par sa vie, sa mort et sa résurrection.

Or, Jésus nous demande de faire connaître Dieu, de transmettre la vie éternelle à ceux qui nous entourent. Comment pouvons-nous y arriver ? Nous sommes capables de donner un témoignage en étant à l’image du Dieu présent. Tout en demeurant discret et respectueux de l’autre, nous pouvons nous faire proches. Nous devons être des présences agissantes du Dieu d’amour et de tendresse. Nous sommes appelés à transmettre la gloire, en toute simplicité. Individuellement, nous sommes des signes de la proximité de Dieu. Mais il est très important de témoigner comme communauté.

Nous sommes réunis ici pour chanter la gloire de Dieu, pour rendre gloire à Dieu et pour devenir une image de cette gloire divine. Laissons la gloire toucher nos oreilles et nos cœurs pour qu’elle nourrisse notre prière et notre amour pour ceux que nous rencontrerons demain et après-demain. Soyons de simples porteurs de gloire, devenons des êtres glorieux !

Bien-aimés dans le Seigneur,

Imaginez-vous un instant, que demain matin, en allant acheter votre journal, votre regard se porte sur les étagères où sont rangés les magazines. Et quelle n’est pas votre surprise de voir ma photo en couverture de toutes les revues qui sont exposées. Je serais à la une de tous les magazines « people », et même sur celle de « foot magazine » alors que certains d’entre vous savent pertinemment bien que je déteste ce sport. Et vous vous demandez : mais qu’a-t-il encore bien pu faire pour avoir droit à une telle publicité. A cette question, je ne puis vous donner de réponse car je suis en plein rêve pour le moment. Mais si c’était vrai. Vous vous rendez compte. Quel succès ! Quelle gloire ! Et je me sens d’autant plus à l’aise que Jésus n’arrête pas de nous parler de gloire, à l’heure où il passe de ce monde à son Père. Mais peut-être n’ai-je pas bien compris le sens de la gloire, se disent sans doute les plus impertinents d’entre vous. Alors s’il en est ainsi, que signifie-t-elle ?

Il ne s’agit certainement pas d’une gloriole passagère et éphémère. Non, la gloire à laquelle le Christ fait référence, est le poids réel d’un être, c’est-à-dire sa valeur profonde, celle que tout homme, toute femme acquiert au fil des années et qu’il recevra en plénitude lorsqu’il aura accompli sa destinée. Ni plus, ni moins. Au terme de sa mission terrestre, le Fils pouvait alors être glorifié dans le Père puisqu’il avait atteint la mission qui lui avait été confiée de toute éternité. Cette gloire n’est donc pas réservée à une des personnes de la Trinité. Chacune et chacun de nous sommes appelés à entrer dans la gloire de Dieu.

De par notre naissance, nous sommes devenus citoyens de la terre. La vie nous a été donnée et elle fait de nous, des cosmopolites. Par notre baptême, nous sommes entrés dans une nouvelle citoyenneté, celle du Ciel. Ce sacrement fait de nous des ouranopolites, c’est-à-dire des citoyens du Royaume de Dieu. Cosmopolites par notre naissance, ouranopolites par notre baptême, telle est notre condition aujourd’hui. En suivant librement le Christ, inspiré par l’Esprit Saint, nous acceptons de partir à la rencontre du Père et d’établir dès à présent son Royaume là où nous sommes. Cela se fait tout simplement en vivant pleinement l’amour de celles et ceux de qui je me fais proche ici-bas tout en étant habité par l’espérance de cette vie d’en-haut. Le chemin est simple. Il suffit de croire en Dieu. Et chaque fois que nous croyons en Lui, il existera un peu plus. Et si nous persistons, il existera complètement, souligne Éric-Emmanuel Schmitt. Il y va encore de notre responsabilité personnelle. A nous, et à nous seuls, de décider de faire exister Dieu au cœur de notre monde en lui donnant la place qui lui revient dans nos vies.

Cosmopolites, citoyens de la terre, nous le sommes en étant les biographes de nos existences. Nous écrivons nos vies par les choix que nous posons, par les paroles et gestes que nous offrons. Être cosmopolite est une certitude qui s’impose à nous par le fait même que nous existons. Que je le veuille ou non, cela s’impose à moi. Je ne l’ai pas décidé. A moi, en lien avec les autres, de réussir ma citoyenneté terrestre pour ne pas passer à côté de ma vie. Par contre, ouranopolites, citoyens du Ciel, nous ne le sommes pas au départ, nous le devenons. Il s’agit cette fois d’une décision personnelle dans la foi. Je choisis de devenir ouranopolite. Depuis mon baptême, inspiré par l’Esprit, je vis ma vie autrement. Je suis non seulement biographe de mon existence mais également théographe. La théographie est une calligraphie divine. L’ouranopolite que je suis, choisit de devenir un théographe c’est-à-dire d’écrire sa vie avec l’encre de Dieu. Une encre indélébile qui marque tous nos faits et gestes d’une couleur particulière, celle de l’arc-en-ciel, signe de l’alliance entre Dieu et son humanité. Cette fois, nous avons quitté le champ des certitudes pour entrer dans celui de l’espérance. L’espérance que tout ce que nous vivons aujourd’hui s’inscrit à jamais dans un au-delà. L’espérance de recevoir la vie éternelle.

En résumé, mon état de citoyen terrestre s’impose à moi et c’est à moi de décider d’écrire ma biographie. Mon état de citoyen du Ciel est un don auquel je réponds librement dans la foi pour écrire ma vie avec cette calligraphie divine qui rend la vie plus belle encore puisqu’elle nous ouvre les portes de la vie éternelle. Cosmopolite et biographe seulement ou plutôt cosmopolite et biographe tout en étant ouranopolite et théographe ? Nous seuls pouvons le décider. Mais le second choix donnera une couleur toute particulière à la vie, celle d’avoir la conviction de la réussir puisqu’elle s’inscrit en Dieu. Amen.

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Textes : Actes 1, 12 – 14 ; 1 Pierre 4, 13-16 ; Jean 17, 1b-11a « Père, glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie » Dans l’Evangile de ce dimanche, il est beaucoup question de gloire, de glorifier, de glorification. Le terme de gloire est assez bien présent dans la Bible. Mais qu’est-ce que cela

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Textes : Actes 1, 12 – 14 ; 1 Pierre 4, 13-16 ; Jean 17, 1b-11a

« Père, glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie »

Dans l’Evangile de ce dimanche, il est beaucoup question de gloire, de glorifier, de glorification. Le terme de gloire est assez bien présent dans la Bible. Mais qu’est-ce que cela veut dire ? Pour la plupart d’entre nous, la gloire désigne le fait d’avoir une grande réputation, d’où l’expression « avoir son heure de gloire ». Il s’agit donc de succès, d’éclat ou encore de célébrité.

Or, il semble bien que Jésus ne demande pas à son Père de faire de lui une star, bien que son histoire soit restée célèbre. Dans la Bible, la gloire n’est pas une affaire de renommée ou de réputation mais une affaire de présence. En effet, parler de la gloire de Dieu, c’est parler de la présence agissante de Dieu dans notre monde. Lorsque nous chantons, le Gloria, « le Gloire à Dieu au plus haut des cieux », nous exprimons notre joie devant cette présence active de Dieu dans notre vie et notre monde. Dieu n’est pas absent de notre vie, même s’il est souvent discret et silencieux. Dieu agit à sa façon dans les profondeurs de notre être et de l’humanité.

Jésus, sans éclat ni tambour, a concrétisé cette présence aimante de Dieu auprès des hommes et des femmes, en cheminant avec eux, en étant à leur niveau. C’est pour cela qu’il est dans la gloire de Dieu, qu’il est la gloire de Dieu. Jésus a fait que le Dieu Tout Autre devienne proche et présent dans la vie quotidienne. C’est peut-être cela son succès. Jésus ne brille pas par les apparences et les beaux discours mais il rayonne par le don de lui-même. En donnant sa vie sur la Croix, Jésus a accepté d’aller jusqu’au bout de sa mission. Il a refusé la violence et est resté fidèle à son message d’amour au sujet du Dieu proche. Il est l’Emmanuel, ce qui veut dire « Dieu avec nous ». C’est en accomplissant sa mission que Jésus a glorifié son Père. Ensuite, c’est par la résurrection que le Père a glorifié son Fils. De façon inouïe, le Père s’est rendu proche de son Fils en lui donnant la vie, en le relevant du séjour des morts.

Lorsque Jésus parle des croyants, il parle de ceux qui lui ont été donnés et en qui il trouve sa gloire. « Je trouve ma gloire en eux ». Autrement dit, ce sont les disciples qui offrent au Christ une présence, une proximité. Maintenant que Jésus est remonté auprès du Père, c’est à nous à rendre Dieu présent dans le monde. Nous sommes à une époque où on parle beaucoup des religions et du religieux mais on ne parle plus tellement de Dieu tel que Jésus nous l’a révélé par sa vie, sa mort et sa résurrection.

Or, Jésus nous demande de faire connaître Dieu, de transmettre la vie éternelle à ceux qui nous entourent. Comment pouvons-nous y arriver ? Nous sommes capables de donner un témoignage en étant à l’image du Dieu présent. Tout en demeurant discret et respectueux de l’autre, nous pouvons nous faire proches. Nous devons être des présences agissantes du Dieu d’amour et de tendresse. Nous sommes appelés à transmettre la gloire, en toute simplicité. Individuellement, nous sommes des signes de la proximité de Dieu. Mais il est très important de témoigner comme communauté.

Nous sommes réunis ici pour chanter la gloire de Dieu, pour rendre gloire à Dieu et pour devenir une image de cette gloire divine. Laissons la gloire toucher nos oreilles et nos cœurs pour qu’elle nourrisse notre prière et notre amour pour ceux que nous rencontrerons demain et après-demain. Soyons de simples porteurs de gloire, devenons des êtres glorieux !

Bien-aimés dans le Seigneur,

Imaginez-vous un instant, que demain matin, en allant acheter votre journal, votre regard se porte sur les étagères où sont rangés les magazines. Et quelle n’est pas votre surprise de voir ma photo en couverture de toutes les revues qui sont exposées. Je serais à la une de tous les magazines « people », et même sur celle de « foot magazine » alors que certains d’entre vous savent pertinemment bien que je déteste ce sport. Et vous vous demandez : mais qu’a-t-il encore bien pu faire pour avoir droit à une telle publicité. A cette question, je ne puis vous donner de réponse car je suis en plein rêve pour le moment. Mais si c’était vrai. Vous vous rendez compte. Quel succès ! Quelle gloire ! Et je me sens d’autant plus à l’aise que Jésus n’arrête pas de nous parler de gloire, à l’heure où il passe de ce monde à son Père. Mais peut-être n’ai-je pas bien compris le sens de la gloire, se disent sans doute les plus impertinents d’entre vous. Alors s’il en est ainsi, que signifie-t-elle ?

Il ne s’agit certainement pas d’une gloriole passagère et éphémère. Non, la gloire à laquelle le Christ fait référence, est le poids réel d’un être, c’est-à-dire sa valeur profonde, celle que tout homme, toute femme acquiert au fil des années et qu’il recevra en plénitude lorsqu’il aura accompli sa destinée. Ni plus, ni moins. Au terme de sa mission terrestre, le Fils pouvait alors être glorifié dans le Père puisqu’il avait atteint la mission qui lui avait été confiée de toute éternité. Cette gloire n’est donc pas réservée à une des personnes de la Trinité. Chacune et chacun de nous sommes appelés à entrer dans la gloire de Dieu.

De par notre naissance, nous sommes devenus citoyens de la terre. La vie nous a été donnée et elle fait de nous, des cosmopolites. Par notre baptême, nous sommes entrés dans une nouvelle citoyenneté, celle du Ciel. Ce sacrement fait de nous des ouranopolites, c’est-à-dire des citoyens du Royaume de Dieu. Cosmopolites par notre naissance, ouranopolites par notre baptême, telle est notre condition aujourd’hui. En suivant librement le Christ, inspiré par l’Esprit Saint, nous acceptons de partir à la rencontre du Père et d’établir dès à présent son Royaume là où nous sommes. Cela se fait tout simplement en vivant pleinement l’amour de celles et ceux de qui je me fais proche ici-bas tout en étant habité par l’espérance de cette vie d’en-haut. Le chemin est simple. Il suffit de croire en Dieu. Et chaque fois que nous croyons en Lui, il existera un peu plus. Et si nous persistons, il existera complètement, souligne Éric-Emmanuel Schmitt. Il y va encore de notre responsabilité personnelle. A nous, et à nous seuls, de décider de faire exister Dieu au cœur de notre monde en lui donnant la place qui lui revient dans nos vies.

Cosmopolites, citoyens de la terre, nous le sommes en étant les biographes de nos existences. Nous écrivons nos vies par les choix que nous posons, par les paroles et gestes que nous offrons. Être cosmopolite est une certitude qui s’impose à nous par le fait même que nous existons. Que je le veuille ou non, cela s’impose à moi. Je ne l’ai pas décidé. A moi, en lien avec les autres, de réussir ma citoyenneté terrestre pour ne pas passer à côté de ma vie. Par contre, ouranopolites, citoyens du Ciel, nous ne le sommes pas au départ, nous le devenons. Il s’agit cette fois d’une décision personnelle dans la foi. Je choisis de devenir ouranopolite. Depuis mon baptême, inspiré par l’Esprit, je vis ma vie autrement. Je suis non seulement biographe de mon existence mais également théographe. La théographie est une calligraphie divine. L’ouranopolite que je suis, choisit de devenir un théographe c’est-à-dire d’écrire sa vie avec l’encre de Dieu. Une encre indélébile qui marque tous nos faits et gestes d’une couleur particulière, celle de l’arc-en-ciel, signe de l’alliance entre Dieu et son humanité. Cette fois, nous avons quitté le champ des certitudes pour entrer dans celui de l’espérance. L’espérance que tout ce que nous vivons aujourd’hui s’inscrit à jamais dans un au-delà. L’espérance de recevoir la vie éternelle.

En résumé, mon état de citoyen terrestre s’impose à moi et c’est à moi de décider d’écrire ma biographie. Mon état de citoyen du Ciel est un don auquel je réponds librement dans la foi pour écrire ma vie avec cette calligraphie divine qui rend la vie plus belle encore puisqu’elle nous ouvre les portes de la vie éternelle. Cosmopolite et biographe seulement ou plutôt cosmopolite et biographe tout en étant ouranopolite et théographe ? Nous seuls pouvons le décider. Mais le second choix donnera une couleur toute particulière à la vie, celle d’avoir la conviction de la réussir puisqu’elle s’inscrit en Dieu. Amen.

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FRANCE :: RéLIGION

Infos: Actualités France :: PREDICATION DU DIMANCHE 07 MAI 2023 Par le Rév. Dr Joël Hervé BOUDJA :: France news

Textes : Actes 6,1-7 ; 1 Pierre apôtre 2, 4-9 ; Jean 14,1-12   Thème : Le faire et l’être            Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment pourrions-nous savoir le chemin ? Ce sont parfois les questions les plus simples, presque naïves, qui amènent les réponses les plus éclairantes… Nous le savons, il n’y

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Infos: Actualités France :: PREDICATION DU DIMANCHE 07 MAI 2023  Par le Rév. Dr Joël Hervé BOUDJA :: France news
Textes : Actes 6,1-7 ; 1 Pierre apôtre 2, 4-9 ; Jean 14,1-12
 
Thème : Le faire et l’être
          

Seigneur, nous ne savons pas où tu vas.

Comment pourrions-nous savoir le chemin ?

Ce sont parfois les questions les plus simples, presque naïves, qui amènent les réponses les plus éclairantes… Nous le savons, il n’y a pas de bête question. L’interpellation de Thomas peut donc sembler anodine. Mais la réponse de Jésus, quant à elle, résume son évangile ! Je suis le chemin, la vérité, la vie…

Bien des commentateurs ont essayé de justifier l’ordre de ces trois qualificatifs, insistant sur le fait que la succession des mots avait son importance. En ce sens, le chemin précède la vérité, et une telle vérité conduit à la vie. Mais il est une autre manière de regarder ces trois images que donne Jésus, de manière presque trinitaire… Alors, c’est comme si chaque terme, bien compris, renvoyait aux deux autres…

Qu’est-ce que le chemin ? Sinon le principe d’une vie vraie, authentique véritable. 

Qu’est-ce que la vérité ? Sinon un dévoilement, une révélation dans notre vie, plutôt qu’une certitude ou un principe ?

Qu’est-ce que la vie ? Sinon un chemin de vérité, d’authenticité, d’humilité, de vérité sur soi ?

Dans un de ses dialogues, Platon évoque les trois tamis de Socrate : autant de conditions préalables à toute prise de parole, pour mettre un frein à sa langue !

Il s’agit de la vérité, de l’utilité, et de la bonté. L’essentiel est bien de conjuguer les trois dimensions en même temps…

Lorsque nous disons la vérité, est-elle utile et bonne ? Lorsque nous essayons d’être bienveillants, sommes-nous pour autant justes et vrai?

Dans son dernier discours, et l’évangile que nous venons d’entendre, c’est comme si le Christ nous donnait les trois clés, les trois critères indépassables d’une vie selon l’évangile. Lui qui est la porte, il est aussi le chemin, la vérité et la vie. Et comme pour les trois tamis de Socrate, l’essentiel est bien de conjuguer les trois dimensions en même temps…

Ne faut-il donc pas, dans notre existence, conjuguer — avec patience et sagesse — Chemin, vérité et vie ?

Alors, la vérité deviendra pour nous non pas certitude, mais vivante recherche !

Alors la vie deviendra non pas sécurité, mais authentique promesse !

Alors le cheminement personnel ne se fera pas au détriment des enjeux collectifs et de la vie véritable !

Voilà pourquoi — et nous savons que c’est bien difficile — il nous faut plonger toute parole, tout geste, toute activité, avec les trois clés de Celui qui est la porte !

Socrate nous invitait à filtrer toute parole par les critères de bonté, de vérité et d’utilité. Je vous invite à faire l’exercice à ce niveau-là… Mais la parole du Christ va plus loin encore que cet exercice ! 

Elle nous convie à conjuguer vie, vérité et chemin… Bien plus qu’un exercice, il s’agit de faire de toute notre existence au quotidien, un chemin de vie véritable.

Pas seulement un chemin de vie, coupé des autres, ni un chemin de vérité sur soi. Mais un chemin de véritable vie.

« Alors celui qui croit fera les œuvres du Fils…. Il en fera même de plus grandes !»

Chers frères et sœurs dans le Seigneur,

Depuis plusieurs années, il y a quelque chose qui m’étonne et m’attriste dans notre monde.  Il s’agit du nombre de personnes tant hommes que femmes qui décèdent durant la première année de leur retraite.  Alors qu’ils ont attendu ce moment pendant plusieurs décennies, voilà qu’ils ne profiteront pas de cette nouvelle étape de la vie. 

Une explication plausible serait la suivante.  Dans notre société, nous sommes priés de conjuguer le verbe « faire » à tous les temps.  Seul le « faire » importe et tellement il importe que parfois il nous emporte.  Celles et ceux qui ne « feraient » pas ou qui ne feraient « plus » par décision volontaire ou par circonstances de la vie, n’ont plus droit au chapitre.  Ils ne s’inscrivent plus dans cette société qui ne se définit que par son « faire ». 

Combien de fois, n’ai-je entendu des personnes qui se plaignaient que parce qu’elles ne travaillaient pas, on leur disait qu’elles ne pouvaient pas comprendre la vie.  Une telle conception de l’existence est à dénoncer à tout prix car le risque est grand : il est celui de nous identifier tellement à notre « faire » que lorsque nous ne faisons plus, nous n’existons plus.  C’est comme si nous avions perdu notre propre identité.  Je ne suis pas en train de chercher à prôner une société fondée sur l’oisiveté, la fainéantise.  Loin s’en faut.  Je pense qu’il est plus que temps que nous remettions le « faire » à sa juste place et que tout être humain puisse à nouveau se définir par son « être ».

Tel est d’ailleurs le sens de l’évangile de ce jour.  Le Christ ne nous dit pas : « Je fais le chemin, la vérité, la vie ».  Non, il proclame : « Je suis le chemin, la vérité, la vie ».  Pour Dieu, toute créature humaine existe par son être.  Nous sommes appelés à devenir, à accomplir notre propre destinée non pas d’abord en faisant mais bien en étant.  En effet, le jour où nous mourrons, nous laisserons sur cette terre tout ce que nous avons fait mais nous passerons la porte de la mort pour entrer dans la vie éternelle avec tout ce que nous sommes devenus.  N’est-ce pas cela le sens même de la résurrection qui agit déjà en nous ?

S’il en est ainsi, voilà la question que nous avons à nous poser avant toute autre : qui suis-je ?  Qui suis-je non pas d’abord aux yeux des autres mais de moi-même ? 

Chacune et chacun d’entre nous, nous sommes en chemin dans notre vie et celle-ci s’éclaire par notre vérité intérieure.  Nous devons oser affronter notre propre réalité, nos forces et nos fragilités, nos bonheurs et nos errances, nos accomplissements et nos transgressions, nos tendresses et nos blessures.  Toutes ces réalités façonnent, pétrissent notre identité. 

En effet, tout au long de notre vie, notre être se construit également par le biais des rencontres que nous sommes amenés à vivre.  Des événements heureux ou dramatiques vont traverser nos existences et rien ne sera plus jamais comme avant.  Nous apprenons à les intégrer dans nos histoires.  Nous mûrissons, nous grandissons en humanité même si cela prendra parfois le temps de toute une vie surtout lorsque nous avons été bouleversés par l’injustice de celle-ci. Il y a donc tout ce travail intérieur de vérité et d’acceptation de nos réalités.  C’est bien à partir de cette prise de conscience de qui je suis aujourd’hui sur le chemin de ma propre existence que je puis me poser l’autre question fondamentale : qui est-ce que je souhaite être ? 

En effet, nous sommes des êtres en devenir, jamais pleinement réalisés.  Répondant à cette question, nous pouvons alors nous demander ce que nous avons à mettre en place, à faire pour devenir qui nous voulons être.  L’être prime donc toujours devant le faire.  Ou pour le dire autrement, le faire est la conséquence de notre être.  Il ne peut en être sa finalité.  Toutes et tous, nous avons à être dans la spécificité et l’unicité de ce que nous sommes. Et pour le devenir nous avons à poser des actes.  Ces derniers s’inscrivent à la suite du Christ qui nous offre le chemin sur lequel nous nous construisons, à la suite du Christ qui nous éclaire de la vérité qui est en Dieu, à la suite du Christ qui nous ouvre à la vraie vie, celle de notre être pour l’éternité.

Amen

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