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Infos: Actualités France :: Modeste M’Bami s’en est allé. Par Calvin Djouari Ecrivain Romancier :: France news

Chaque fois que le Cameroun gagne le Brésil, on a un lion indomptable qui s’en va. Faut-il conclure que les Brésiliens nous portent malheur ? En 2003, c’était Marc Vivien Foé qui tombait d’un arrêt cardiaque. Cette fois, nous en sommes en 2023, c’est Modeste M’Bami qui tombe également par le même malaise. Il faut bien constater que le chiffre 3 et

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Infos: Actualités France :: Modeste M’Bami s’en est allé. Par Calvin Djouari Ecrivain Romancier :: France news

Chaque fois que le Cameroun gagne le Brésil, on a un lion indomptable qui s’en va. Faut-il conclure que les Brésiliens nous portent malheur ? En 2003, c’était Marc Vivien Foé qui tombait d’un arrêt cardiaque. Cette fois, nous en sommes en 2023, c’est Modeste M’Bami qui tombe également par le même malaise. Il faut bien constater que le chiffre 3 et 23 sont bien alignés. J’ai toujours dit : que le football est un art, et l’art comme œuvre de création est mystique. L’équipe brésilienne, voyage avec 200 vaudouisants pour les victoires de son équipe. Il faut une frappe supérieure pour la gagner en dehors du talent. Mais laissons la superstition de côté, on dira que c’est une folie littéraire ; étant donné que les brésiliens n’ont pas besoin pour gagner une équipe africaine, de s’attirer trop d’imageries populaires. 

Il s’appelait donc Modeste M’Bami. Footballeur émérite qui occupait le poste de milieu défensif, mais un peu polyvalent puisqu’il marquait régulièrement des buts. C’est au cours du match Cameroun Brésil aux Jeux olympiques de Sydney, remporté par le Cameroun, qu’il s’est fait connaître. Voir la vidéo du but  https://o-trim.co/MBI   Entré sur l’aire de jeu, sous sa pression, comme en témoignent ses anciens coéquipiers, il va pointer l’attaque en quart de finale, alors que le Cameroun joue à 9 contre 11 devant la meilleure équipe du tournoi. Ce jour, il s’était donné un défi à relever parce qu’il jouait son va-tout. Et il va surmonter l’appréhension que ses encadreurs avaient sur lui pour marquer un but qui marquera les esprits dans l’histoire du football mondial.

Le Cameroun venait une fois de plus de se révéler aux yeux du monde comme une nation qui a la rage de vaincre. En ce moment précis, les circonstances de la mort de l’ancien lion n’ont pas été clairement établies. Selon les informations recueillies jusqu’à présent, il a rendu l’âme de suite d’un arrêt cardiaque, c’est tout ce qu’on sait. C’est une disparition qui nous attriste parce que chaque Camerounais se souvient ce matin-là, il était 10h45 à Douala, lorsque M’Bami a réalisé l’inédit. En France, il a joué à Sedan, au PSG et Marseille. Ces grands clubs européens.

Nous voyons une fois de plus, notre fragilité devant la mort. Le football était une passion pour Modeste, il n’avait vécu que pour ça, et il fut un joueur très discret, qui n’a jamais élevé la voix pour créer du désordre parmi les coéquipiers.

Nous les nostalgiques de la belle époque et du beau jeu, se souviennent de ses buts à la coupe des nations ou ses passes de maîtres à des coéquipiers attaquants bien positionnés. Il n’était pas un joueur qui sortait du stade sans se distinguer.

Depuis lors, il résidait au Havre. La mort de Modeste bouleverse les Camerounais qui l’ont vu jouer. Une fois sa carrière terminée, il était resté comme on dit chez nous «  dans son coin », on n’entendait plus parler de lui jusqu’à ce départ inattendu et tragique. On peut imaginer la déstabilisation d’une famille à l’annonce d’une telle mort. Depuis hier, les Camerounais sont allés revoir son but historique contre le Brésil en 2003. Beaucoup de Camerounais ont vieilli avec ce but.

On n’a jamais eu de rapports privés, certes, mais c’est l’un des footballeurs qui a marqué ma génération, on voyait en M’Bami un footballeur ordinaire mais si extraordinaire par son talent et sa stature. On se souvient de sa petite voix, le regard affable plein de modestie.

La mort nous fait comprendre qu’il est des gens qui participent, peut-être à leur insu, au rayonnement de l’histoire d’un pays ; le cas de modeste M’bami est un exemple. But de M’Bami devant le Zimbabwe.  https://o-trim.co/BUW

Les Camerounais se souviendront aussi de ce footballeur d’abord rare sur le stade à ses débuts, mais qui deviendra un titulaire hors norme et qui fera le bonheur de tout un peuple. On retiendra également de Modeste comme l’incarnation de la détermination, de l’impétuosité et de la frénésie de gagner. Je crois qu’au sein des lions, il a rempli sa mission avec ce but contre le Brésil qui reste une cicatrice dans la conscience de chaque Brésilien.

« Le football était sa passion ; il a suivi ce chemin difficile, mais combien glorieux pour un homme, une famille, un pays, mieux un continent. La seule reconnaissance qu’on peut lui faire, c’est ce texte qu’on lui dédie à titre posthume pour son service rendu. Son exemple invite les jeunes à chercher à vivre aussi un jour des moments uniques comme fut son cas devant le Brésil en quart de finale des Jeux olympiques. Il ne nous reste qu’à nous incliner avec respect devant l’homme. Vidéo sur la vie de Modeste M’bami   https://o-trim.co/BIM

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Infos: Actualités France :: Martinez ZOGO un corps qui va hanter toutes les personnes mêlées par l’Ecrivain Calvin Djouari :: France news

Depuis dimanche, des confrères et collègues se recueillent au domicile de Martinez Zogo. Des bougies allumées çà et là au siège de la radio, montrent une cérémonie poignante. Ils sont là tous les soirs, rassemblés pour partager cette dure souffrance, cette profonde douleur causée par la disparition d’un grand animateur exemplaire, d’un frère bienveillant, d’un Camerounais affectueux, d’un

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Infos: Actualités France :: Martinez ZOGO un corps qui va hanter toutes les personnes mêlées par l’Ecrivain Calvin Djouari :: France news

Depuis dimanche, des confrères et collègues se recueillent au domicile de Martinez Zogo. Des bougies allumées çà et là au siège de la radio, montrent une cérémonie poignante. Ils sont là tous les soirs, rassemblés pour partager cette dure souffrance, cette profonde douleur causée par la disparition d’un grand animateur exemplaire, d’un frère bienveillant, d’un Camerounais affectueux, d’un cher et précieux ami des auditeurs. Le Cameroun perd chaque jour ses meilleurs enfants atrocement. Le décès de Zogo sera pour nous un deuil national. Les esprits qui accompagneront cet homme à sa dernière demeure, laisseront sur son tombeau l’esprit des anges, qui vengera ce monsieur. 

Zogo était un être humain comme tout le monde, il avait droit à la vie. Personne n’est Dieu sur cette pour le lui arracher de cette façon. Nous sommes encore sous le choc, atteint comme par un coup de massue sur une tête. Moi qui écris sur lui, je ne le connaissais pas, je n’avais jamais entendu parler de lui, mais je mesure l’immense potentialité dont il était doté. Oh mon Dieu ! Pendant que les Camerounais vaquaient à leur occupation, un de leur était quelque part dans la ville en train d’être torturé, que dis-je massacré.

 Depuis dimanche, ma famille ici à Paris, vit ce drame comme une perte personnelle. Le Cameroun tout entier vit l’émotion d’un horrible fait divers. L’image de notre beau pays est une image sordide avec ce drame qui fait le tour du monde. Depuis cette terrible annonce, beaucoup de Camerounais vont dans leur lieu de travail, découragés, abattus et honteux d’une mort indigeste, dont on souffre minute après minute le cauchemar. Une affaire qui déchire l’âme. Ce crime nous déshonore. Que les coupables soient brandis devant le peuple. Voir ce reportage sur le journaliste https://o-trim.co/zws  

Très cher président Paul Biya

Même si nous savons que la vie est un processus qui finit par ce chemin de la mort, nous n’admettrons pas que dans ce pays si difficile, que ce crime reste impuni. Aucun Camerounais ne doit être plus puissant que vous dans ce pays monsieur le président. Nous vous prions de garantir la vie des Camerounais dont vous avez la responsabilité. Vous êtes notre président, notre père, c’est vers vous qu’on se retourne lorsqu’il y a une catastrophe, une attaque extérieure.

Tous les Camerounais sont vos enfants, vous vous devez de les protéger contre les plus forts. Même si les hommes sont faits pour mourir, ce n’est pas de cette façon. Le crime contre Zogo est infernal, c’est sorti de la nuit des temps. Ces dernières années, le lien avec le pays s’est quelque peu distendu. Face à la froideur des hommes et plus précisément à la laideur de cette vie du Cameroun, où les criminels s’affichent, mettent les autres à nu devant vous, nous nous demandons monsieur le président, qui est plus fort que vous dans ce pays ?

Les gens perdent le dégoût de s’y rendre. Les journalistes et d’autres acteurs de la vie politique marchent sur une route infernale. Quand on n’est pas criblé de balles, c’est souvent la prison.

Zogo est devenu une perte personnelle pour chaque Camerounais. Cet homme a vécu un vrai calvaire semblable à celui de Jésus à Golgotha. Il a été dépouillé de son manteau, et sous une terre vide pareille à celle de Jérusalem, c’est là où son corps a été laissée. Mais cette terre deviendra une terre sainte comme celle de Jéricho et comme Jésus, c’est Zogo qui sauvera les autres camerounais morts pour rien. Chacun verra la force des morts sur les vivants. Tous ceux qui vont essayer de voiler ce crime verront la colère des dieux. La mort de Zogo rappelle des drames similaires, c’est pourquoi, il représente à lui seul désormais les hommes qui sont morts dans ce pays sans justice. Je pense à l’affaire Mpondo, au père Engelbert Mveng, à maître Ottou, à Guegnang Souley,  à l’évêque Atangana MBalla, pour ne citer que ceux-là. Voilà des souvenirs des crimes crapuleux.  Le Cameroun n’est pas le seul à éprouver les émotions qui se décrivent ici, c’est partout dans le monde qu’on peut lire cette tristesse.

« Nous rêvons d’un Cameroun meilleur. » Dans les 40 discours adressés à la jeunesse depuis 1982, le président Paul Biya a toujours évoqué ces mots. Même si cela ne s’est toujours pas réalisé, au moins que les Camerounais vivent dans un pays juste et en sécurité.

Quand je rencontre des Camerounais, ils sont peinés ; on nous met toujours au défi de citer au moins cinq noms qui ont fait du bien dans ce pays, des personnes dévoués et honnêtes, à qui on pourrait sans détour confier le destin de notre pays. Aucun visage n’apparaît devant nous. Notre pays est gangrené par des gens qui ont du sang dans les mains. Des hommes pourtant sublimes qui se comportent dans la nuit noire sans lueurs, sans éclats, ni chaleur comme des monstres fumants ; qui ont perdu les mots et la ferveur à force de les utiliser sans valeur humaniste ; leurs discours ne sont plus des mots qui font frémir. N’ayant plus de conscience pour les guider, ni de sens auquel s’accrocher, des personnes qui se ruent vers les chemins maudits dont la marche donne l’anxiété, les chemins les plus longs dans les nuits noires. Autre vidéo sur Zogo sur    https://o-trim.co/vox

Article sur la même affaire du même auteur. https://o-trim.co/cme

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Infos: Actualités France :: Martinez ZOGO un corps qui va hanter toutes les personnes mêlées par l’Ecrivain Calvin Djouari :: France news

Depuis dimanche, des confrères et collègues se recueillent au domicile de Martinez Zogo. Des bougies allumées çà et là au siège de la radio, montrent une cérémonie poignante. Ils sont là tous les soirs, rassemblés pour partager cette dure souffrance, cette profonde douleur causée par la disparition d’un grand animateur exemplaire, d’un frère bienveillant, d’un Camerounais affectueux, d’un

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Infos: Actualités France :: Martinez ZOGO un corps qui va hanter toutes les personnes mêlées par l’Ecrivain Calvin Djouari :: France news

Depuis dimanche, des confrères et collègues se recueillent au domicile de Martinez Zogo. Des bougies allumées çà et là au siège de la radio, montrent une cérémonie poignante. Ils sont là tous les soirs, rassemblés pour partager cette dure souffrance, cette profonde douleur causée par la disparition d’un grand animateur exemplaire, d’un frère bienveillant, d’un Camerounais affectueux, d’un cher et précieux ami des auditeurs. Le Cameroun perd chaque jour ses meilleurs enfants atrocement. Le décès de Zogo sera pour nous un deuil national. Les esprits qui accompagneront cet homme à sa dernière demeure, laisseront sur son tombeau l’esprit des anges, qui vengera ce monsieur. 

Zogo était un être humain comme tout le monde, il avait droit à la vie. Personne n’est Dieu sur cette pour le lui arracher de cette façon. Nous sommes encore sous le choc, atteint comme par un coup de massue sur une tête. Moi qui écris sur lui, je ne le connaissais pas, je n’avais jamais entendu parler de lui, mais je mesure l’immense potentialité dont il était doté. Oh mon Dieu ! Pendant que les Camerounais vaquaient à leur occupation, un de leur était quelque part dans la ville en train d’être torturé, que dis-je massacré.

 Depuis dimanche, ma famille ici à Paris, vit ce drame comme une perte personnelle. Le Cameroun tout entier vit l’émotion d’un horrible fait divers. L’image de notre beau pays est une image sordide avec ce drame qui fait le tour du monde. Depuis cette terrible annonce, beaucoup de Camerounais vont dans leur lieu de travail, découragés, abattus et honteux d’une mort indigeste, dont on souffre minute après minute le cauchemar. Une affaire qui déchire l’âme. Ce crime nous déshonore. Que les coupables soient brandis devant le peuple. Voir ce reportage sur le journaliste https://o-trim.co/zws  

Très cher président Paul Biya

Même si nous savons que la vie est un processus qui finit par ce chemin de la mort, nous n’admettrons pas que dans ce pays si difficile, que ce crime reste impuni. Aucun Camerounais ne doit être plus puissant que vous dans ce pays monsieur le président. Nous vous prions de garantir la vie des Camerounais dont vous avez la responsabilité. Vous êtes notre président, notre père, c’est vers vous qu’on se retourne lorsqu’il y a une catastrophe, une attaque extérieure.

Tous les Camerounais sont vos enfants, vous vous devez de les protéger contre les plus forts. Même si les hommes sont faits pour mourir, ce n’est pas de cette façon. Le crime contre Zogo est infernal, c’est sorti de la nuit des temps. Ces dernières années, le lien avec le pays s’est quelque peu distendu. Face à la froideur des hommes et plus précisément à la laideur de cette vie du Cameroun, où les criminels s’affichent, mettent les autres à nu devant vous, nous nous demandons monsieur le président, qui est plus fort que vous dans ce pays ?

Les gens perdent le dégoût de s’y rendre. Les journalistes et d’autres acteurs de la vie politique marchent sur une route infernale. Quand on n’est pas criblé de balles, c’est souvent la prison.

Zogo est devenu une perte personnelle pour chaque Camerounais. Cet homme a vécu un vrai calvaire semblable à celui de Jésus à Golgotha. Il a été dépouillé de son manteau, et sous une terre vide pareille à celle de Jérusalem, c’est là où son corps a été laissée. Mais cette terre deviendra une terre sainte comme celle de Jéricho et comme Jésus, c’est Zogo qui sauvera les autres camerounais morts pour rien. Chacun verra la force des morts sur les vivants. Tous ceux qui vont essayer de voiler ce crime verront la colère des dieux. La mort de Zogo rappelle des drames similaires, c’est pourquoi, il représente à lui seul désormais les hommes qui sont morts dans ce pays sans justice. Je pense à l’affaire Mpondo, au père Engelbert Mveng, à maître Ottou, à Guegnang Souley,  à l’évêque Atangana MBalla, pour ne citer que ceux-là. Voilà des souvenirs des crimes crapuleux.  Le Cameroun n’est pas le seul à éprouver les émotions qui se décrivent ici, c’est partout dans le monde qu’on peut lire cette tristesse.

« Nous rêvons d’un Cameroun meilleur. » Dans les 40 discours adressés à la jeunesse depuis 1982, le président Paul Biya a toujours évoqué ces mots. Même si cela ne s’est toujours pas réalisé, au moins que les Camerounais vivent dans un pays juste et en sécurité.

Quand je rencontre des Camerounais, ils sont peinés ; on nous met toujours au défi de citer au moins cinq noms qui ont fait du bien dans ce pays, des personnes dévoués et honnêtes, à qui on pourrait sans détour confier le destin de notre pays. Aucun visage n’apparaît devant nous. Notre pays est gangrené par des gens qui ont du sang dans les mains. Des hommes pourtant sublimes qui se comportent dans la nuit noire sans lueurs, sans éclats, ni chaleur comme des monstres fumants ; qui ont perdu les mots et la ferveur à force de les utiliser sans valeur humaniste ; leurs discours ne sont plus des mots qui font frémir. N’ayant plus de conscience pour les guider, ni de sens auquel s’accrocher, des personnes qui se ruent vers les chemins maudits dont la marche donne l’anxiété, les chemins les plus longs dans les nuits noires. Autre vidéo sur Zogo sur    https://o-trim.co/vox

Article sur la même affaire du même auteur. https://o-trim.co/cme

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Infos: Actualités France :: La mort Du journaliste Martinez ZOGO. La lecture d’une scène de crime par l’écrivain calvin djouari :: France news

La scène de crime laissée par les assassins du journaliste camerounais Martinez Zogo donne des indices sur ses bourreaux. Premièrement, il est abandonné dans la petite bourgade d’Ebogo sur un terrain rouge, érémitique, près de Yaoundé. La première lecture de cette attitude, indique que les bourreaux s’étaient éloignés pour le torturer et en le laissant

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Infos: Actualités France :: La mort Du journaliste Martinez ZOGO. La lecture d’une scène de crime par l’écrivain calvin djouari :: France news

La scène de crime laissée par les assassins du journaliste camerounais Martinez Zogo donne des indices sur ses bourreaux.

Premièrement, il est abandonné dans la petite bourgade d’Ebogo sur un terrain rouge, érémitique, près de Yaoundé. La première lecture de cette attitude, indique que les bourreaux s’étaient éloignés pour le torturer et en le laissant sur cet espace vide, ceux-ci voulaient également montrer qu’ils s’étaient aventurés sur un terrain miné.

Deuxième indice ; il est laissé en état de putréfaction, ce qui montre également qu’on a voulu effacer les traces des souillures dont il aurait été l’objet avant d’être assassiné.

On peut aussi imaginer qu’il n’aurait pas été sûrement exécuté à l’endroit où on l’a trouvé. Il est possible qu’après l’avoir tué, son corps a dû être conservé quelque part avant qu’il soit balancé à l’endroit où il a été retrouvé mort. Le terrain étant un endroit où les paysans passent régulièrement, on l’aurait retrouvé dès les premiers jours si c’est à cet endroit qu’il avait été assassiné. Soit il a été torturé là, une fois tué on l’a emporté et l’a conservé avant de le ramener au même endroit. vidéo de reportage sur Martinez Zogo  .https://o-trim.co/zog

Quand les criminels te laissent nu et s’arrangent à ce qu’on te retrouve dans un état de putréfaction, cela montre un acharnement, tu es pris comme un traître, ou un désir de t’humilier jusque dans ta mort. Cette colère est perceptible dans les crimes passionnels où le rival emportant un trophée,  expose le corps de sa victime. Mais ici, on voit bien que c’est la passion politique à la Hugo et Hoderer des Mains Sales de Jean Paul Sartre.

Une autre probabilité, c’est la torture et les aveux soutirés au défunt. Il y a l’ombre des professionnels du crime qui plane sur le corps de la victime. Parce qu’ils ont eu le temps de tuer, de le déshabiller, et de l’exposer. Ils n’étaient gênés par le temps. Généralement les criminels amateurs dès qu’ils ont fini de couper le souffle, s’enfuient et s’éloignent aussitôt. Ici les choses ont été bien ficelées et bien programmées. Et voilà les indices probables que les criminels laissent de façon inconsciente.

Les Camerounais vivent très mal cette mort. Les images sont effrayantes et décourageantes ; pas pour le métier, mais pour le pays.

Zogo finit sa vie loin de chez lui, de sa famille et de ses auditeurs, dans une clairière. Avec ce crime crapuleux qui passera encore comme les autres crimes sans suite, il faut dire que notre pays sent mauvais. Ça n’encourage pas à y séjourner, parce que plusieurs personnes sont en insécurité ; il y a quelques années mon propre cousin, adjoint au maire, qui souhaitait se porter pour les législatives, et qui appartenait pourtant au parti au pouvoir dans la section de Mbandjock avait été retrouvé mort dans son champ, assassiné. Il s’appelait Guegnang Souley. 

On fera des enquêtes, on arrêtera des personnes et celles-ci seront enfermées, trois mois après ils ont été relâchées, le dossier était clos. Tout se règle par la violence au Cameroun. Mon père était guérisseur traditionnel, combien d’hommes politiques sont venus le voir, devant moi, pour avoir des potions qui leur permettront de briser leur adversaire ? Je compte des dizaines.

Les journalistes camerounais prennent trop de risque, mais c’est comme ça leur travail. Ils sont tenus par des clans qui se battent. Nous sommes dans une cruelle stupeur. Martinez Zogo je ne le connaissais pas spécialement, mais son nom tonnait partout. Sa disparition tragique affecte tous les Camerounais. Nous sommes consternés, nous sommes très consternés. Pourquoi les gens doivent mourir au Cameroun de cette façon ? Faut-il encourager les gens à visiter ce pays ? Quelle force les gens ont au lendemain d’un tel crime ?

Quand il y a  crime, tout est possible. Je me refuse toujours d’accuser qui que ce soit. Parce que tout est possible. Souvent, la mort peut venir de loin, de très loin, souvent ça peut ne pas être ou tout le monde pointe du doigt, parce que nous ne sommes pas formés à la théorie du chaos. On ne nous l’apprend pas dans nos universités, les enjeux sont énormes dans nos pays et il faut être vigilant. Les services même extérieurs aiment créer des drames dans les pays pour susciter un malaise sur la population, je sais de quoi je parle.

Directeur de la radio Amplitude FM, Martinez Ego était au cœur des événements, son émission embouteillage à forte audience était très surveillée. Il faisait des dénonciations sur la conduite des affaires de la cité. Quand on anime de telles émissions, on ne s’appartient plus ; on appartient à toute la république parce qu’on défend la condition ouvrière. Cela me rappelle Condré Show de JP. Remy Ngono.

Ces classes de journalistes partagent avec le public leur amour dévorant pour le journalisme. Ce sont des illustres défenseurs de la veuve et de l’orphelin, éminents et brillants animateurs, connus et respectés aussi bien au Cameroun qu’à l’étranger pour leur profondeur intellectuelle. Ils font bien parce qu’ils dénoncent les injustices, les abus, les magouilles, et remettent en question les décisions prises par les politiques. Mais très souvent, ce sont des postures qui attisent les haines et créent des ennemis autour d’eux.

Mais aussi souvent, ils vont très loin et ce sont des risques. Ils se mettent sur le dos des ennemis qu’ils traineront toute leur vie. Et un ennemi au Cameroun ne dort jamais. Il attend le bon moment pour frapper. Dans les chroniques où ils mentionnent des hommes politiques et des hommes d’affaires, il faut s’attendre à la fureur de ces hommes qui ont tout le pouvoir. Ce sont des terrains dangereux. Il ne faut pas chercher à mourir bêtement. Je m’adresse à ceux qui ont encore la force de lutter contre la gangrène qui dévore notre pays, c’est-à-dire la corruption.

Le tragique tel que cela se présente est double. Parce que les crimes salissent notre pays, mais cela révèle la nature humaine dans sa bestialité, on avance avec des masques parce qu’on ne peut plus briller. On a l’impression de vivre près des monstres qui nous entourent. Le Cameron a atteint son plus bas niveau. Ce pays n’a plus de conscience.

Comique notre façon de faire la politique. Toujours par la violence, au lieu d’user des artifices pour séduire. Dans une société déjà en crise, même le bon n’est jamais bon, parce que ça finit toujours par sentir mauvais. Les tueurs donnent une mauvaise image de l’Afrique, celui qui utilise la violence finira par la violence. Maintenant prions pour ceux qui meurent, pour ceux qui font mourir et qui vont mourir par la même méthode machiavélique qu’ils auraient utilisée.

 
 

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