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CAMEROUN :: POINT DE VUE

Infos: Actualités Cameroun :: VIOLENCE EN MILIEU SCOLAIRE AU CAMEROUN :: Cameroon news

La violence en milieu scolaire a pris de l’ampleur au Cameroun cette dernière décennie. Elle est devenue un véritable fait de société qui perturbe la sérénité et fait peur à la nation camerounaise toute entière, plus particulièrement aux premiers concernés (élèves, enseignants, parents, corps administratif). La jeunesse est pointée du doigt par les autres segments

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Infos: Actualités Cameroun :: VIOLENCE EN MILIEU SCOLAIRE AU CAMEROUN :: Cameroon news

La violence en milieu scolaire a pris de l’ampleur au Cameroun cette dernière décennie. Elle est devenue un véritable fait de société qui perturbe la sérénité et fait peur à la nation camerounaise toute entière, plus particulièrement aux premiers concernés (élèves, enseignants, parents, corps administratif).

La jeunesse est pointée du doigt par les autres segments du corps social comme étant le principal investigateur de cette violence dans la sphère éducative. Pourtant, la réalité est un peu plus complexe ; autant ces derniers sont les acteurs de la violence, autant ils en sont les victimes. Cette recherche porte sur la violence, précisément en milieu éducatif. Elle se propose, à partir d’une analyse de plusieurs travaux d’études, à partir des données ethnographiques et orales collectées dans plusieurs établissements scolaires de la cité économique (Douala), de proposer quelques pistes de solutions transformationnelles pour enrayer ou au moins réduire considérablement la violence sous toutes ses formes dans le milieu éducatif camerounais. Le but ultime étant de promouvoir un environnement scolaire où il fait bon vivre. Nous fondons notre travail sur l’hypothèse selon laquelle la violence scolaire n’est pas un phénomène spontané, mais intimement liée à l’état de la société toute entière. Notre question de recherche était toute simple et posée ainsi : pouvez-vous nous dire ce que vous entendez par violence et aussi les causes de celle-ci dans votre établissement ? Pour aborder sereinement cette problématique, nous avons adopté la méthode participative, nous avons interviewé cinquante acteurs du milieu éducatif (élèves, enseignants, parents, éducateurs). Les données ont été collectées du 1er novembre au 15 novembre 2022. Nous avons également eu des échanges avec des personnes qui pouvaient nous apporter des informations conséquentes en rapport avec notre sujet sous forme d’entretiens individuels et semi-directifs, certains ont débouchés sur des récits de vie. Un focus group a également été organisé avec les élèves d’une part et les enseignants de l’autre part. Les entretiens individuels visaient principalement de saisir le sens que les différents acteurs donnaient à la violence ainsi que les causes profondes de celle- ci. Notre enquête s’est focalisée sur plusieurs établissements d’enseignements secondaires publics notamment le Lycée D’Oyack, le Lycée Bilingue de Deido et le Lycée de Brazzaville dans la ville de Douala. Ces établissements font parties des établissements référentiels et populaires de la ville. Ils sont situés dans des zones populaires et accueillent tous une population estudiantine très jeune et hétérogène issue de presque tous les groupes ethniques qu’on trouve au Cameroun. De plus, ceux-ci se distinguent aussi par le nombre pléthorique des apprenants par salle de l’ordre de 60 à plus de 80. Ce rendu présente dans une première étape, notre object de recherche, notre objectif, notre hypothèse, notre question de recherche et la démarche méthodologique adoptée. La seconde étape est consacrée à la revue de la littérature. La troisième étape porte sur le concept de la « violence ». Par la suite, nous mettons en exergue les différentes formes de violence et les origines de celles-ci. Enfin, nous proposons quelques pistes de solutions au problème de la violence à l’école au Cameroun.

I- Revue de la littérature

Avant d’aller plus loin dans l’orientation de notre travail, nous faisons une rétrospective pour noter que certains auteurs se sont intéressés aux questions de la violence en milieu scolaire. Sans les évoquer tous, leurs littératures portent sur quelques aspects de notre domaine d’étude.

Nous commençons par cet ouvrage Les violences à l’école, de Faggianelli Daniel et de Carra Cécille, (2011). Les auteurs font le constat de la violence croissante en milieu scolaire et plus particulièrement à l’école primaire, lieu très peu investi par les chercheurs. Ils invitent à analyser ce que le thème « violence » renferme, ce qu’il dit de nos conceptions de l’enfant et de l’adulte, de l’école et de son rôle dans la société. En se penchant sur les formes de violence présentes à l’école et leur évolution, ils font un état des lieux de la violence en milieu scolaire et éclairent les enjeux d’une politique éducative dans ce domaine.

Nous avons également porté notre attention sur cet essai nommé De la violence à l’école à l’école de la violence. Essai d’analyse de la pratique pédagogique comme forme de violence, de Joseph Avodo, (2010). L’auteur fonde son analyse sur ce qu’il appelle la violence propre à l’institution scolaire. Cette violence se matérialise à travers la pratique enseignante, notamment sous l’aspect ou l’approche pédagogique. Pour l’auteur, si cette violence (verbale) est tolérée, il demeure qu’elle peut avoir un effet pervers sur certains apprenants plus sensibles aux mots désobligeants et autres attitudes peu valorisantes. Il s’insurge également du fait que l’on associe automatiquement les actes de violence en milieu scolaire aux apprenants pourtant en réalité, ils en sont aussi des victimes. Partant de ce postulat, l’auteur décrit la violence éducative dont sont victimes les apprenants en situation d’apprentissage.

Par la suite, nous invoquons cet ouvrage La violence scolaire au Cameroun Anthropologie d’un fait quotidien, Mbonji Edjenguèlè et Pierre François Edongo Ntede, (2015). Les auteurs mettent en exergue les formes modernes de la délinquance scolaire et fond une analyse globale de la situation en précisant que la violence scolaire dépasse largement l’unique champ de l’éducation et renvoie selon eux aux dimensions politique, idéologique et culturelle.

Rendu au terme de notre revue de la littérature, il convient maintenant d’aborder l’objet même de notre étude « la violence » notamment sur l’approche conceptuelle pour mieux la cerner.

II- Le concept de la violence

 À la question de savoir ce qu’est la violence ? E.Debarbieux nous donne cette définition :

« la violence est une désorganisation brutale ou continue d’un système personnel, collectif ou social se traduisant par une perte d’intégrité physique, psychique ou matérielle ». Quant à l’Organisation mondiale de la santé, la violence est la menace ou l’utilisation intentionnelle de la force physique ou du pouvoir contre soi-même, contre autrui ou contre un groupe ou une communauté qui entraîne ou risque fortement d’entraîner un traumatisme, un décès, des dommages psychologiques, un mal développement ou des privations.

Pour (Michaud,1996, P.8) « Il y a violence quand, dans une situation d’interaction, un ou plusieurs acteurs agissent de manière directe ou indirecte, massée ou distribuée, en portant atteinte à un ou plusieurs autres à des degrés variables soit dans leur intégrité physique, soit dans leur intégrité morale, soit dans leurs possessions, soit dans leurs participations symboliques et culturelles ».

En fait, pour mieux analyser le terme de la violence, il est important de l’observer sous plusieurs angles dans la mesure où même si une idée générale se dégage, le point de vue des acteurs impliqués dans la chaine de violence est déterminant. Le sens que l’on donne à un fait violent diffère également selon les lieux et la socio-culture en présence. Pour ne pas épiloguer longtemps sur une définition qui regrouperait toutes les sensibilités, nous allons définir la violence tout simplement comme un acte conscient ou inconscient, physique ou psychique posé par un tiers qui contraint, domine, tue, détruit ou endommage. Elle implique des coups, des blessures, de la souffrance, ou encore la destruction de biens humains ou d’éléments matériels. Quant à la violence scolaire, nous la définissons comme l’ensemble des conduites délictueuses liées à la délinquance juvénile, et repérées comme des comportements ados naissants à l’intérieur et/ou à l’extérieur de l’école. Les différentes définitions de la violence que nous avons mentionnées plus haut, nous permettent de donner une classification du phénomène selon les individualités et selon des critères que chaque communauté donne à cette notion.

III- Les différentes formes de la violence

Traditionnellement, on distingue cinq formes de violences en milieu scolaire : la violence que l’on définit comme propre à l’institution éducative, la violence que l’on peut caractériser de vandalisme, la violence des enseignants contre les élèves, la violence d’élèves contre les enseignants, la violence entre élèves. Dans le cadre de ce travail, compte tenu de leurs montées en puissance, nous nous sommes appesantis sur les trois dernières formes citées précédemment. Notre attention se focalise alors sur la violence des enseignants contre les élèves, la violence des élèves contre les enseignants et la violence des élèves entre eux. Nous notons par ailleurs que la manifestation de la violence diffère selon qu’elle soit physique, psychologique ou verbale. Concernant la violence des enseignants contre les élèves par exemple, notre enquête nous a permis de recenser qu’il peut s’agir d’une simple bastonnade, d’une insulte ciblée, ou d’une blague de mauvais goût. En ce qui concerne la violence des élèves contre les enseignants, elle est surtout symbolique. Un enseignant nous a informé de ce que le fait pour les élèves de faire du bruit, d’être discret, d’avoir de mauvaise note et être absent en salle de cours était une forme de violence à leur endroit. Il est important de noter que pour des violences du genre atteinte sur la personne physique, très peu d’enseignants en sont victimes, il s’agit le plus souvent des enseignants qui entretiennent de mauvais rapport avec les élèves, ceux qui n’ont pas réussi à créer une dynamique positive dans leur classe et user de pédagogie adéquate pour réguler le comportement de leurs apprenants. Le savoir-être et l’expérience de l’enseignant sont ici des éléments indispensables pour dompter les ardeurs des adolescents et éviter tout dérapage. Quant à la violence entre les élèves, elle se manifeste généralement par le racket, les bagarres, les rumeurs, les calomnies, la stigmatisation et la mise à l’égard d’un des leurs. Notre enquête révèle que cette forme de violence serait la forme la plus courante en milieu éducatif. Car les jeunes venant des milieux parfois totalement opposés n’arrivent pas toujours à cohabiter, dans le cercle restreint qu’est l’école. En l’absence d’un cadre totalement sécurisé, chacun d’eux développe des astuces pour se mettre à l’appris et pour les plus offensifs dominer leurs congénères.

En somme, nous retenons globalement comme actes violents, les bagarres, les insultes, les attouchements, les vols, les viols, les rumeurs, les moqueries, les menaces sous conditions et bien d’autres. Notons également qu’en ce qui concerne ces actes violents, tous les protagonistes concernés par ceux-ci peuvent en être les initiateurs comme victimes.

Maintenant, ayant fait un listing non exhaustif des actes de violences en milieu scolaire, on est en droit de se demander quels sont les facteurs incitatifs de cette violence en milieu scolaire au Cameroun ?

IV- Origine de la violence en milieu scolaire

Sur la base de nos observations depuis plusieurs années ainsi que des travaux de plusieurs spécialistes des sciences humaines, nous disons que la violence en milieu scolaire tire ses origines de plusieurs sources et les plus importantes sont le disfonctionnement de la famille et l’aversion des adolescents à l’école.

En effet, la famille avec son mode de transmission parent enfant est considérée comme le lieu par excellence de la transmission du patrimoine (financier, culturel, social). La famille est la cellule de base de toute société. Nous considérons la famille comme le lieu par excellence où l’enfant acquière un savoir et surtout un savoir-être susceptible de mieux développer sa personnalité et faciliter son intégration sociale. Maintenant, il se passe que la famille pour de nombreuses raisons n’est que l’ombre d’elle-même aujourd’hui au Cameroun. Elle n’est plus ce lieu où se forge la véritable conscience de l’adolescent. Sa décomposition et son dysfonctionnement impactent évidemment grandement sur la société entière et l’école en particulier. L’enfant arrive à l’école déjà totalement désorienté et il est le plus souvent tard pour les encadreurs de combler le vide et réorienter facilement ce dernier.

Parmi les raisons les plus évidentes qui expliquent le dysfonctionnement de la famille au Cameroun aujourd’hui on peut citer entre autres : l’absence répétée des parents à la maison, le manque de culture des parents, la démission des parents, le divorce, le fait que de plus en plus les familles soient recomposées… L’enfant n’a donc plus droit au sein des familles à la transmission générationnelle des connaissances ancestrales. Ce dernier abandonné à lui-même, se livre très souvent aux pratiques controversées et acquises dans les autres milieux de socialisation, nous parlons ici de l’école et des regroupements de pairs. La déstructuration du socle familiale est pour nous le premier facteur incitatif de la violence chez l’enfant mais il y en a d’autres.

Le phénomène de la violence tire ses origines également dans les faits sociaux scolaires et périscolaires. On trouve en bonne place : la crise économique, le chômage, les inégalités, la question des rythmes scolaires, celle des effectifs, la place des conseillers d’orientation et la diversité socioculturelle5. Les jeunes ne perçoivent plus un lien direct entre l’école et leur insertion sociale, face à cette incertitude sur leur avenir, un mal-être profond s’installe et produit la violence.

Nous pouvons essayer d’expliquer la violence en milieu scolaire au Cameroun par l’insécurité qui prévaut souvent dans certains établissements dû aux nombres pléthoriques des élèves, aux infrastructures insuffisantes, à la formation des encadreurs scolaires, à la promiscuité des familles, mais le dysfonctionnement de la famille et le rejet de l’école que portent les jeunes aujourd’hui ont pour nous plus d’effets sur ces derniers.

En outre, la quasi-totalité de nos enquêtés qui reconnaissent être régulièrement des initiateurs de la violence à l’école viennent des familles pauvres ou à revenu assez modeste plus grave disent venir à l’école sous la contrainte des parents et proches. Ceci explique aussi que les actes de violence sont très souvent signalés dans les établissements situés dans les quartiers pauvres que les quartiers où le niveau de vie et de culture sont assez convenables. Devant cette situation critique qu’est-ce qui peut donc être fait pour espérer à terme éradiquer ou au moins réduire considérablement les actes de violence sous toutes ses formes au sein des établissements scolaires au Cameroun ?

V- Quelques pistes de solutions au problème de la violence à l’école

 Dans le cadre de cet article, ne pouvant pas lister et argumenter tous les facteurs qui favorisent la violence en milieu scolaire, nous nous sommes appesantis sur ceux que nous relevons au terme de notre enquête comme étant les plus importants. Nous avons donc cité plus haut : le dysfonctionnement de la famille et le rejet de l’école par les apprenants. Nous pensons que l’important défi à relever aujourd’hui est de rapprocher l’école et la famille ce qui consiste à impliquer les familles nucléaires dans le suivi scolaire des leurs. Les associations des parents d’élève doivent prendre une place importante dans la gestion des établissements plus précisément dans l’encadrement des apprenants à l’école. Ces associations ne doivent plus se réduire à la collecte de l’argent pour x ou y raisons.

La solution au problème de la violence en milieu scolaire serait également de réconcilier l’apprenant avec l’école. Et pour cela, il est impératif de repenser, restructurer l’école elle- même qui aujourd’hui répond à très peu d’aspiration de la jeunesse camerounaise. Elle doit cesser d’être orientée vers l’insertion professionnelle de l’apprenant mais guidée par le désir deformer des hommes et femmes sur ce qui caractérise le mieux le Camerounais. Ceci ouvre une parenthèse sur ce que signifie être camerounais, mais nous n’allons pas épiloguer dessus ici.

En somme, nous pensons que la violence en milieu scolaire au Cameroun est indissociable du contexte social global dans la mesure où c’est la société camerounaise dans son ensemble qui est porteuse de violence. Pour exemple, plus de 1.500 cas de violations des droits humains auraient été enregistrés au Cameroun en 2021 selon le rapport annuel sur la situation des droits de l’Homme au Cameroun Les inégalités deviennent récurrentes, celles-ci nourrissent les frustrations qui débouchent sur de nombreux dérapages à l’école et hors de l’école. Pour trouver véritablement la solution à cette violence il faut impérativement se concentrer sur la prévention, la sensibilisation, et l’aide à la réinsertion des jeunes en difficultés. Il nous semble également important de s’interroger profondément sur les mécanismes de régulation sociale qui existent au Cameroun, tradition, loi, religion, éducation…

Conclusion

Rendu au terme de notre réflexion qui portait sur la violence en milieu scolaire au Cameroun, partant de notre question de recherche qui était : pouvez-vous nous dire ce que vous entendez par violence et aussi les causes de celle-ci dans votre établissement ? nous aboutissons à plusieurs conclusions. D’une part chaque enquêté a une connaissance relative de la notion de violence, elle est considérée par l’immense majorité comme le fait de poser un acte délibéré ou non, provoquant chez un tiers un trouble physique ou moral comportant des conséquences dommageables pour sa personne ou pour ses biens. Comme acte de violence, nous avons cité entre autres les bagarres, les insultes, les rackets, les menaces. De l’autre part, nous observons comme causes globales de la violence en milieu scolaire au Cameroun, la promiscuité et

l’inculture qui sévissent de plus en plus, obligeant les adolescents à se livrer à des pratiques peu recommandables. Mais de façon plus spécifique, nous insistons sur le dysfonctionnement des familles et l’aversion que les jeunes ont désormais pour l’école qui semble n’aboutir à rien. Comme réponse à la problématique sur la violence à l’école au Cameroun, nous proposons qu’elle soit analysée sur le plan macro dans la mesure où pour nous, la solution est à trouver plus hors de l’école qu’au sein de l’école. Nous proposons qu’il faille repenser l’école au Cameroun, associer les parents au suivi scolaire de leurs enfants et créer un cadre de dialogue apaisé, permanent entre encadreurs et apprenants.

Références bibliographiques Ouvrages

  • Blanchet, et Gotman, A. 2006. L’enquête et ses méthodes : L’entretien, in Paris, Armand Colin.
  • Carra, et Faggianelli, D. 2011. Les violences à l’école, Paris, PUF.
  • Debarbieux 1996. La violence en milieu scolaire. : 1. Etat des lieux. Paris : ESF.
  • MbonjiEdjenguèlè et Edongo Ntede, F. 2015. La violence scolaire au Cameroun Anthropologie d’un fait social quotidien. Collection : Harmattan Cameroun.
  • Michaud, 1996. La violence. (3ème édition). Paris : PUF.

Article

  • Avodo, J. 2010. De la violence à l’école à l’école de la violence. Essaid’analyse de la pratique pédagogique comme forme de  Revue pluridisciplinaire de recherche, (société et jeunesses en difficulté) n°10.

CAMEROUN :: POINT DE VUE

Infos: Actualités Cameroun :: L’imminente et inévitable augmentation du prix du carburant à la pompe. :: Cameroon news

Au moment où le prix du Baril du pétrole est au plus bas, et ce depuis le début de la guerre en Ukraine en février 2022, au moment où tous les pronostiques montrent que le prix du baril de pétrole en 2023 sera autour de 80-90$, Au moment où certains pays Africains, à l’instar de

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Infos: Actualités Cameroun :: L’imminente et inévitable augmentation du prix du carburant à la pompe. :: Cameroon news

Au moment où le prix du Baril du pétrole est au plus bas, et ce depuis le début de la guerre en Ukraine en février 2022, au moment où tous les pronostiques montrent que le prix du baril de pétrole en 2023 sera autour de 80-90$,

Au moment où certains pays Africains, à l’instar de l’Afrique du Sud ont revu à la baisse de 12% le prix du Carburant, 
C’est aussi le moment choisi par certains pays africains pour augmenter le prix du carburant à la pompe. Le noeud: l’enveloppe lourde de la subvention qu’ils ne peuvent plus supporter. 

Dans l’ombre de cette décision assurément impopulaire, se trouve le FMI. Le puissant bailleur de fonds international vient de contraindre le Congo Brazzaville à  réduire l’enveloppe allouée à la subvention du carburant de 50%. 

Les mêmes injonctions ont été données au Cameroun, ce qui fait que l’enveloppe allouée à la subvention du carburant sera de 350 milliards(inscrite dans le budget 2023) ce qui représente la moite des 700milliards de subvention en 2022.
Comme vous pouvez le constater, le calcul est simple. Avec Cette réduction de 50%, la hausse des prix du carburant est inevitable et très imminente.
Le seul suspense qui demeure actuellement est celui du nouveau pourcentage. À quel pourcentage le gouvernement camerounais va augmenter les prix du carburant à la pompe ?

Selon le Directeur général du Budget, Mr Cyril Edu, le litre d’essence vendu à 639fcfa coûte normalement 1350fcfa et le budget supporte la différence à travers la subvention, soit 711fcfa.

Celà signifie qu’avec une réduction de la subvention de 50%, on peut aisément, sans risque de se tromper, projeter le prix du litre du carburant à la pompe entre 900-1000fcfa. Avec celà, le Cameroun sera le deuxième pays africain à avoir le prix du litre de carburant le plus élevé, juste derrière la Mauritanie où le litre d’essence se vend en ce moment à 1,5$ soit 910fcfa. 

Dès lors, la question qui vient à l’esprit est la suivante : comment un pays producteur de pétrole comme le Cameroun pourrait avoir un prix du carburant aussi élevé à la pompe?

En effet, le Cameroun est producteur de pétrole certe, mais tout son pétrole est vendu en entier à l’étranger, car il est qualifié de fuel lourd et ne peut être raffiné localement. Conséquence, le cameroun importe tout le carburant consommé dans le pays, ce qui fait Qu’au finish, il n’est pas différent d’un pays non producteur de pétrole.

Par contre, l’Afrique du Sud qui est un pays non producteur de pétrole a su mettre sur pied un model simple. Le carburant n’est pas subventionné. Les prix sont fixés par un organe de régulation et en fonction des tendances  sur le marché international. Le pays achètent du pétrole brut et le raffine pour la consommation interne d’abord, ce qui fait que le litre de carburant à ce jour en Afrique du Sud coûte 746fcfa, soit 1,23$,

Loin des prix de 900-1000 fcfa prévus par le cameroun en cas d’augmentation. C’est aussi celà  » les paradoxes du pays producteur »…
L’unique solution qui pourrait sauver les ménages de la vie déjà très chère serait que le Cameroun se dote d’une raffinerie capable aussi de raffiner son fuel lourd afin d’approvisionner le marcher local à des prix nettement abordables.

D’ici là les ménages seront obligés de continuer à saigner si aucune mesure d’accompagnement n’est prise en parallèle avec la hausse des prix du carburant à la pompe . 

Dr Bareja Youmssi
Expert en pétrole et mines

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Infos: Actualités Cameroun :: L’imminente et inévitable augmentation du prix du carburant à la pompe. :: Cameroon news

Au moment où le prix du Baril du pétrole est au plus bas, et ce depuis le début de la guerre en Ukraine en février 2022, au moment où tous les pronostiques montrent que le prix du baril de pétrole en 2023 sera autour de 80-90$, Au moment où certains pays Africains, à l’instar de

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Infos: Actualités Cameroun :: L’imminente et inévitable augmentation du prix du carburant à la pompe. :: Cameroon news

Au moment où le prix du Baril du pétrole est au plus bas, et ce depuis le début de la guerre en Ukraine en février 2022, au moment où tous les pronostiques montrent que le prix du baril de pétrole en 2023 sera autour de 80-90$,

Au moment où certains pays Africains, à l’instar de l’Afrique du Sud ont revu à la baisse de 12% le prix du Carburant, 
C’est aussi le moment choisi par certains pays africains pour augmenter le prix du carburant à la pompe. Le noeud: l’enveloppe lourde de la subvention qu’ils ne peuvent plus supporter. 

Dans l’ombre de cette décision assurément impopulaire, se trouve le FMI. Le puissant bailleur de fonds international vient de contraindre le Congo Brazzaville à  réduire l’enveloppe allouée à la subvention du carburant de 50%. 

Les mêmes injonctions ont été données au Cameroun, ce qui fait que l’enveloppe allouée à la subvention du carburant sera de 350 milliards(inscrite dans le budget 2023) ce qui représente la moite des 700milliards de subvention en 2022.
Comme vous pouvez le constater, le calcul est simple. Avec Cette réduction de 50%, la hausse des prix du carburant est inevitable et très imminente.
Le seul suspense qui demeure actuellement est celui du nouveau pourcentage. À quel pourcentage le gouvernement camerounais va augmenter les prix du carburant à la pompe ?

Selon le Directeur général du Budget, Mr Cyril Edu, le litre d’essence vendu à 639fcfa coûte normalement 1350fcfa et le budget supporte la différence à travers la subvention, soit 711fcfa.

Celà signifie qu’avec une réduction de la subvention de 50%, on peut aisément, sans risque de se tromper, projeter le prix du litre du carburant à la pompe entre 900-1000fcfa. Avec celà, le Cameroun sera le deuxième pays africain à avoir le prix du litre de carburant le plus élevé, juste derrière la Mauritanie où le litre d’essence se vend en ce moment à 1,5$ soit 910fcfa. 

Dès lors, la question qui vient à l’esprit est la suivante : comment un pays producteur de pétrole comme le Cameroun pourrait avoir un prix du carburant aussi élevé à la pompe?

En effet, le Cameroun est producteur de pétrole certe, mais tout son pétrole est vendu en entier à l’étranger, car il est qualifié de fuel lourd et ne peut être raffiné localement. Conséquence, le cameroun importe tout le carburant consommé dans le pays, ce qui fait Qu’au finish, il n’est pas différent d’un pays non producteur de pétrole.

Par contre, l’Afrique du Sud qui est un pays non producteur de pétrole a su mettre sur pied un model simple. Le carburant n’est pas subventionné. Les prix sont fixés par un organe de régulation et en fonction des tendances  sur le marché international. Le pays achètent du pétrole brut et le raffine pour la consommation interne d’abord, ce qui fait que le litre de carburant à ce jour en Afrique du Sud coûte 746fcfa, soit 1,23$,

Loin des prix de 900-1000 fcfa prévus par le cameroun en cas d’augmentation. C’est aussi celà  » les paradoxes du pays producteur »…
L’unique solution qui pourrait sauver les ménages de la vie déjà très chère serait que le Cameroun se dote d’une raffinerie capable aussi de raffiner son fuel lourd afin d’approvisionner le marcher local à des prix nettement abordables.

D’ici là les ménages seront obligés de continuer à saigner si aucune mesure d’accompagnement n’est prise en parallèle avec la hausse des prix du carburant à la pompe . 

Dr Bareja Youmssi
Expert en pétrole et mines

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Infos: Actualités Cameroun :: Sa Majesté Eboumbou Manga Bell : Les vœux du roi à la Nation :: Cameroon news

La chefferie du Canton Bell en ce début d’année 2023, aura porté la voix de tout un peuple ; c’est ainsi que l’on pourrait résumer le message de souhaits des vœux adressés ce 12 janvier par le chef supérieur du Canton Bell, à l’ensemble des fils et filles du Cameroun. Dans sa chefferie sise à

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Infos: Actualités Cameroun :: Sa Majesté Eboumbou Manga Bell : Les vœux du roi à la Nation :: Cameroon news

La chefferie du Canton Bell en ce début d’année 2023, aura porté la voix de tout un peuple ; c’est ainsi que l’on pourrait résumer le message de souhaits des vœux adressés ce 12 janvier par le chef supérieur du Canton Bell, à l’ensemble des fils et filles du Cameroun.

Dans sa chefferie sise à Bali face lieudit parc des princes, Sa Majesté Jean Yves Eboumbou Manga Bell a commencé par marquer sa compassion pour les frères et sœurs qui ont disparu au cours de l’année écoulée, avec en tête Sa Majesté Madiba Songue, chef supérieur du Canton Bakoko. De même, le roi fait savoir que 2022 rappelle aussi la souffrance vécue par les ancêtres dans la période coloniale. 

Actualisant ces souffrances, « 2022 a été marquée par les cris, pleurs et violations de toutes sortes portées à notre peuple à cause de la prédation de nos terres ancestrales » , renchérit le chef. Il en veut pour preuve les images encore gravées dans les mémoires, des frères et sœurs des villages Essengue, Youpwe, et plus particulièrement Dikolo qui ont vu leurs patrimoines foncier et immobilier détruits sous de fallacieux prétexte de développement économique. 

« Nous avons conscience de l’indifférence avec laquelle nos frères et sœurs ont été traités de façon indigne, sans accompagnement et sans juste compensation et violation totale de nos textes de lois » , relève-t-il, non sans avoir renchéri : « Nous avons enfin à l’esprit les conditions de vie de nos frères et sœurs qui se sont retrouvés sans abris avec leurs enfants déscolarisés et sans le moindre appui ».

« Nos revendications n’ont pas été entendues » , dit le chef. La raison en est que le terroir, implanté dans la capitale économique du Cameroun, est le terreau où se jouent les batailles foncières les plus féroces et sans vergogne, sous le pouvoir de l’argent, et avec le parapluie des autorités administratives. Conséquemment, les valeurs ancestrales et traditionnelles prennent un coup ; l’unité et la  olidarité du peuple aussi. C’est avec beaucoup d’amertume que Sa Majesté Jean Yves Eboumbou Manga Bell condamnent ces dérives sociales qui découlent des actes posés par certaines autorités administratives.

Et l’on sait combien en matière de tradition, cela ne présage pas d’un bon signe lorsque les autorités traditionnelles se mettent en colère car il faut dire que ce n’est pas la première fois que de tels messages sont envoyés aux autorités administratives.

Promouvoir l’amour du pays

Pour résoudre les problèmes qui touchent le peuple Sawa et l’ensemble des peuples du Cameroun, le roi réitère le message du Ngondo délivré l’année dernière : « Kod’a Mboa » qui signifie l’amour de la patrie et qui fait appel à l’attachement viscéral que chaque compatriote devrait avoir pour la patrie, le terroir, la nation.

En un mot comme en mille, les camerounais doivent aimer leur pays. Et c’est peutêtre là le cœur des problèmes de ce pays. Comme note d’espoir, tout en formulant à l’endroit de tous ses vœux de bonheur et de prospérité pour l’année 2023, Sa Majesté Jean Yves Eboumbou Manga Bell fait allusion au message du chef de l’Etat où il parle de l’inclusion sociale : « Je suis convaincu que l’inclusion sociale et la répartition des fruits de la croissance à tous, dont a parlé le chef de l’Etat dans son allocution de fin d’année, sont le chemin de la réussite ; la fabrication du vivre ensemble et la prise en compte de ses diversités ethniques et culturelles sont le gage d’une Nation camerounaise prospère en son sein et rayonnante à l’international » , conclut le chef supérieur du Canton Bell.

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