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CAMEROUN :: POINT DE VUE

Infos: Actualités Cameroun :: Les raisons de la décrépitude politique au Cameroun :: Cameroon news

Dans l’observation de la façon dont se passent les choses depuis les années 1960 dans les Etats africains, ce que l’on constate généralement est qu’après être resté au pouvoir pendant de nombreuses années, lorsqu’en bout de course il s’impose à un régime de faire le bilan de ses politiques publique, économique et sociale, et qu’à

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Infos: Actualités Cameroun :: Les raisons de la décrépitude politique au Cameroun :: Cameroon news

Dans l’observation de la façon dont se passent les choses depuis les années 1960 dans les Etats africains, ce que l’on constate généralement est qu’après être resté au pouvoir pendant de nombreuses années, lorsqu’en bout de course il s’impose à un régime de faire le bilan de ses politiques publique, économique et sociale, et qu’à l’issue de ce dernier il soit établi l’échec patent de sa gouvernance, aucun appareil d’État n’a jamais eu le courage politique, de se désigner comme le véritable et unique responsable de ce qui arrive. 

Tous cherchent plutôt à se défausser sur des faux-fuyants en prétextant notamment de la morosité de la conjoncture internationale. Dans ce genre de situation, aucun ne veut en fait plaider coupable devant le tri- bunal des faits et de l’histoire, tous privilégient l’omerta et évitent leur propre dénonciation qui aurait pour- tant pu servir de catharsis et même de thérapie de groupe salutaire à l’ensemble du pays. Face à cet habituel déni institutionnel, comment fait-on alors souvent pour établir factuellement cette absence de résultats po- sitifs qui crève pourtant les yeux ? 

On a concrètement et généralement d’abord recours à la panoplie d’instruments de mesure que les insti- tutions et les organisations Internationales, qu’elles soient publiques ou privées, utilisent et mettent à la dis- position de tous ceux qui observent la gestion des affaires publiques. Un large répertoire de dispositifs et de procédés dans lesquels entre autres choses on trouve, le taux de croissance, le produit intérieur brut (PIB), l’indice de développement humain (IDH), le programme international pour le suivi des acquis (PISA), le salaire minimum interprofessionnel garantie (SMIG), mais aussi tous les autres concours, classements et prix (Médaille Fields et Prix Nobel) que les États, pour leur faire-valoir, le renforcement de leurs capacités, la stimulation de leur volonté de toujours bien et mieux faire, organisent eux-mêmes, sollicitent des autres, et mettent en oeuvre au niveau international, dans le cadre de multiples compétitions sportives (Coupe du monde et Jeux olympiques), universitaires, foires et bien d’autres occasions encore, qui leur permettent de se comparer, se juger et se mettre en scène. Mais dans le même registre aussi, pour évaluer les politiques des uns et des autres, l’on a ensuite besoin de ce que chaque pays donne concrètement et physiquement à voir à travers le bâti et le gros-œuvre notam- ment, dans la conception et la réalisation technique et industrielle de ses projets de développement. La preuve, si l’on parle encore aujourd’hui de l’Egypte antique et des pharaons, c’est parce qu’ils nous ont légué les pyramides et les vestiges de leur glorieux passé. 

Et plus inattendu encore, pour porter une appré- ciation, l’on dispose également du non-dit des performances sportives à l’étranger des ressortissants des pays à fort potentiel qui sont pourtant paradoxalement absents des classements mondiaux, qu’ils concernent le politique, l’économique ou le social. Pour étayer notre propos sur le sport pris comme instrument de mesure, d’une part, un pays, le Cameroun, et d’autre part, le sport en général et la coupe du monde de football au Qatar en particulier, nous en donnent concrètement l’opportunité. Le Cameroun, notamment dans le domaine du sport, est un pays à fort potentiel. Et ses ressortissants qui bien souvent ont pris d’autres nationalités puisqu’officiellement la double nationalité n’est pas reconnue par ce pays, s’illustrent merveilleusement bien dans le basket aux USA, dans les arts mar- tiaux mixtes (MMA) et dans le football dans de nombreux clubs européens, orientaux et asiatiques. Il n’est pas nécessaire et même pas possible de tous les citer ici, tellement ils sont nombreux. En voici toutefois quelques-uns : Francis Ngannou, Joel Embiid, Aurélien Tchouaméni, Kylian Mappé, Breel Embolo, et bien évidemment Samuel Eto’o devenu entretemps président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot). 

Mais lorsqu’on a fini de dresser la liste incomplète de ces natifs du Cameroun qui brillent de mille feux à l’étranger et qui confirment d’une certaine manière l’adage selon lequel « nul n’est jamais prophète chez lui », qu’on le veuille ou non et n’en déplaire à d’aucuns, l’on est forcément obligé de se demander pourquoi cela se produit toujours seulement quand on est contraint et obligé de s’expatrier, et pas intramuros, sur le territoire national ? La réponse est simple à donner et facile à comprendre : le Cameroun n’offre pas objec- tivement à ces pépites en devenir les conditions d’accomplissement et d’épanouissement que le grand large, au-delà des océans, leur procure. C’est à la fois surprenant et paradoxal pour qui connaît l’histoire contem- poraine de ce pays qui, même si comparaison n’est pas raison, pourrait autant faire par exemple et pour rester en Afrique, que le Maroc – qu’on a tort de ne découvrir qu’avec le succès qu’il connaît au Qatar, alors que dans de nombreux autres domaines, notamment celui de la santé publique, de l’assainissement des eaux, des énergies renouvelables, il fait aussi honneur à l’Afrique -, qui est en train d’administrer au monde entier la preuve par quatre que quand on veut réellement, on peut absolument. 

La chaine des responsabilités Pour terminer ce propos qui n’a absolument rien d’acrimonieux et qui ne vise pas à témoigner outranciè- rement à charge ou à dédouaner qui que ce soit de ses responsabilités mais simplement à montrer la lune que nous ne semblons pas vouloir regarder, nous disons qu’il faut arrêter la mauvaise habitude qui a été prise de n’instruire que le seul procès du chef de l’Etat qui soit dit en passant, n’est pas Vishnu, la divinité indienne à plusieurs bras symbolisant probablement l’omnipotence, l’omniscience, et l’omniprésence, mais que depuis longtemps on considère comme l’unique responsable des maux dont souffre incontestablement le Cameroun. En effet, nous pensons sérieusement que raisonnablement, l’on ne peut pas transformer le chef de l’Etat en une sorte de directeur de conscience de tous ceux dont il s’entoure et continuer savamment à occulter la grande part de responsabilité de l’ensemble des élites camerounaises. D’abord celles du Rdpc, son parti, flanquées de celles de l’opposition des transfuges, et de celles des comparses non partisans qui du fait de leur condition humaine, sont comme chacun de nous dotées d’un libre arbitre et de droits individuels qu’ils peuvent en toute liberté exercer. Des élites auxquelles il a concrètement depuis 40 longues années fait entièrement et totalement confiance. 

Des élites qui en réalité malheureusement, ne l’ont pas aidé dans sa lourde charge. Mais s’il n’y avait que les élites du Rdpc, de l’opposition des transfuges et des comparses à clouer au pilori à cause des mauvais services rendus à notre pays depuis 1960, la responsabilité collective que nous voulons fortement souligner ici ne serait ni établie, ni entière, et ni même crédible et fondée. Il y a en effet malheureusement aussi la responsabilité des forces alternatives. La vraie opposition au pouvoir en place dont la démarche politique doit naturellement s’inscrire dans une logique de rupture et non pas d’alternance avec l’ordre régnant. 

Une opposition dont les erreurs politiques ont eu pour principale et grave conséquence la démobilisation des masses populaires pendant une très longue période. Une opposition qui malheureuse- ment dans les années 1990, alors qu’elle se trouvait encore en exil et qu’elle était conduite par l’UPC dirigée par Woungly-Massaga et représentait tous les espoirs de la nation, au moment où le Cameroun qui avait jusque-là vécu dans le monopartisme renouait de nouveau avec le multipartisme, sans en mesurer la portée véritable, a installé dans son propre camp un climat délétère qui à court terme, à d’abord commencé par semer la zizanie et la discorde dans ses propres rangs, et à long terme, continue encore aujourd’hui à entre- tenir la confusion dans les têtes et à impacter fortement toutes les tentatives de réorganisation de la lutte qui sont envisagées. 

Dans tout travail politique conséquent, il faut s’inspirer des luttes du passé pour agir dans le présent en puissant dans leur trésor d’expériences. Et, il faut penser à préserver les acquis pour ne pas insulter l’avenir. La route du combat pour la liberté et la démocratie doit inlassablement être balisée pour toujours ouvrir de nouvelles perspectives de lutte qui sont seules capables d’augurer à notre pays et à ses populations, des lendemains qui chantent.

CAMEROUN :: POINT DE VUE

Infos: Actualités Cameroun :: Après les pleurs et indignations, on fait quoi ? :: Cameroon news

Lamentations et dénonciations ne se sont pas encore estompées après la mort dans des conditions troubles du journaliste Martinez Zogo. Jean Claude Djekere veut se projeter sur la suite.  Le journaliste Martinez Zogo est mort le 22 janvier 2023 parce que ceux qui étaient censés le protéger ont refusé de le protéger, parce que des

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Infos: Actualités Cameroun :: Après les pleurs et indignations, on fait quoi ? :: Cameroon news

Lamentations et dénonciations ne se sont pas encore estompées après la mort dans des conditions troubles du journaliste Martinez Zogo. Jean Claude Djekere veut se projeter sur la suite. 

Le journaliste Martinez Zogo est mort le 22 janvier 2023 parce que ceux qui étaient censés le protéger ont refusé de le protéger, parce que des gens dont il avait dénoncé la douteuse richesse avaient juré d’avoir sa peau, parce que quiconque ose critiquer la corruption au Cameroun et le pouvoir d’Étoudi s’expose inéluctablement à une mort violente. Zogo avait été enlevé par des tueurs à gages. On retrouva son corps déchiqueté et en décomposition 5 jours plus tard. Beaucoup de Camerounais redoutaient une telle issue.

Ce pays, que m’ont fait aimer Mongo Beti, Ferdinand Oyono, Francis Bebey, Fabien Eboussi, Jean-Marc Ela, Joseph Tchundjang Pouemi, Pius Njawe, Roger Milla, Théophile Abéga, Thomas Nkono, André-Marie Tala, Moni Bilé, Bébé Manga et tant d’autres, serait-il devenu un pays barbare ? Comment ne pas le croire après l’odieux assassinat de Martinez Zogo qui rejoint ainsi la cohorte des Camerounais atrocement mis à mort sous le régime de l’ancien séminariste Paul Barthélemy Biya ? L’animateur de l’émission “L’embouteillage” sur Amplitude FM a fini sa vie sur terre comme les abbés Jean Kounou et Materne Bikoa en 1982, l’abbé Joseph Mbassi, rédacteur en chef de “L’Effort camerounais “ et Maître Ngongo Ottou en octobre 1988, Mgr Yves Plumey en 1991, les deux religieuses françaises de Djoum en 1992, le jésuite Engelbert Mveng en 1995, Marthe Moumié, la veuve de Félix-Roland Moumié en 2009, Mgr Jean-Marie Benoît Bala en 2017. Jean-Marc Éla aurait subi le même sort s’il ne s’était pas exilé au Canada. En criant sa colère et sa douleur devant l’assassinat de Mveng dont il était proche, il avait mis sa propre vie en danger.

Tous ces crimes dont les enquêtes n’ont jamais abouti ne font pas du tout honneur au Cameroun. Biya est comptable de tout ce sang injustement versé parce qu’il n’a rien fait pour que les criminels soient arrêtés et punis comme il faut. Je n’adhère pas à la légende selon laquelle seul l’entourage du chef serait pourri.

Au Petit Séminaire d’Akono, Biya n’aurait-il appris et aimé que l’histoire de Caïn ôtant la vie à son frère Abel ? Comment les prêtres et les évêques catholiques camerounais continuent-ils de donner la communion à cet homme ? Pourquoi Jean-Paul II et ses successeurs l’ont-ils reçu sans problème ?

Dans l’article que j’avais consacré à Engelbert Mveng, je faisais remarquer que ce qui lui était arrivé pourrait arriver à tout autre Camerounais si le peuple camerounais ne se levait pas comme un seul homme pour se dresser contre ce régime prédateur et tueur, qu’il ne suffisait pas de s’indigner ou de dire, résigné, on va faire comment ?

Plein de personnes sont indignées par l’injuste élimination physique de Martinez Zogo. C’est bien mais pendant combien de temps sera-t-on en colère ? Pendant combien de temps dira-t-on que c’est inacceptable ? Les auteurs et commanditaires de la mort de Martinez Zogo, les laissera-t-on tranquilles jusqu’à ce qu’ils fassent de nouvelles victimes ?

“Toutes les dictatures, tous les terrorismes, tous les fascismes ont commencé parce que, devant les premiers viols du droit, on est resté muet”, affirmait l’abbé Pierre en 2004. Peut-être que Martinez Zogo n’aurait pas connu cette fin tragique si les Camerounais avaient réagi vigoureusement aux premiers assassinats.

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Infos: Actualités Cameroun :: Après les pleurs et indignations, on fait quoi ? :: Cameroon news

Lamentations et dénonciations ne se sont pas encore estompées après la mort dans des conditions troubles du journaliste Martinez Zogo. Jean Claude Djekere veut se projeter sur la suite.  Le journaliste Martinez Zogo est mort le 22 janvier 2023 parce que ceux qui étaient censés le protéger ont refusé de le protéger, parce que des

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Lamentations et dénonciations ne se sont pas encore estompées après la mort dans des conditions troubles du journaliste Martinez Zogo. Jean Claude Djekere veut se projeter sur la suite. 

Le journaliste Martinez Zogo est mort le 22 janvier 2023 parce que ceux qui étaient censés le protéger ont refusé de le protéger, parce que des gens dont il avait dénoncé la douteuse richesse avaient juré d’avoir sa peau, parce que quiconque ose critiquer la corruption au Cameroun et le pouvoir d’Étoudi s’expose inéluctablement à une mort violente. Zogo avait été enlevé par des tueurs à gages. On retrouva son corps déchiqueté et en décomposition 5 jours plus tard. Beaucoup de Camerounais redoutaient une telle issue.

Ce pays, que m’ont fait aimer Mongo Beti, Ferdinand Oyono, Francis Bebey, Fabien Eboussi, Jean-Marc Ela, Joseph Tchundjang Pouemi, Pius Njawe, Roger Milla, Théophile Abéga, Thomas Nkono, André-Marie Tala, Moni Bilé, Bébé Manga et tant d’autres, serait-il devenu un pays barbare ? Comment ne pas le croire après l’odieux assassinat de Martinez Zogo qui rejoint ainsi la cohorte des Camerounais atrocement mis à mort sous le régime de l’ancien séminariste Paul Barthélemy Biya ? L’animateur de l’émission “L’embouteillage” sur Amplitude FM a fini sa vie sur terre comme les abbés Jean Kounou et Materne Bikoa en 1982, l’abbé Joseph Mbassi, rédacteur en chef de “L’Effort camerounais “ et Maître Ngongo Ottou en octobre 1988, Mgr Yves Plumey en 1991, les deux religieuses françaises de Djoum en 1992, le jésuite Engelbert Mveng en 1995, Marthe Moumié, la veuve de Félix-Roland Moumié en 2009, Mgr Jean-Marie Benoît Bala en 2017. Jean-Marc Éla aurait subi le même sort s’il ne s’était pas exilé au Canada. En criant sa colère et sa douleur devant l’assassinat de Mveng dont il était proche, il avait mis sa propre vie en danger.

Tous ces crimes dont les enquêtes n’ont jamais abouti ne font pas du tout honneur au Cameroun. Biya est comptable de tout ce sang injustement versé parce qu’il n’a rien fait pour que les criminels soient arrêtés et punis comme il faut. Je n’adhère pas à la légende selon laquelle seul l’entourage du chef serait pourri.

Au Petit Séminaire d’Akono, Biya n’aurait-il appris et aimé que l’histoire de Caïn ôtant la vie à son frère Abel ? Comment les prêtres et les évêques catholiques camerounais continuent-ils de donner la communion à cet homme ? Pourquoi Jean-Paul II et ses successeurs l’ont-ils reçu sans problème ?

Dans l’article que j’avais consacré à Engelbert Mveng, je faisais remarquer que ce qui lui était arrivé pourrait arriver à tout autre Camerounais si le peuple camerounais ne se levait pas comme un seul homme pour se dresser contre ce régime prédateur et tueur, qu’il ne suffisait pas de s’indigner ou de dire, résigné, on va faire comment ?

Plein de personnes sont indignées par l’injuste élimination physique de Martinez Zogo. C’est bien mais pendant combien de temps sera-t-on en colère ? Pendant combien de temps dira-t-on que c’est inacceptable ? Les auteurs et commanditaires de la mort de Martinez Zogo, les laissera-t-on tranquilles jusqu’à ce qu’ils fassent de nouvelles victimes ?

“Toutes les dictatures, tous les terrorismes, tous les fascismes ont commencé parce que, devant les premiers viols du droit, on est resté muet”, affirmait l’abbé Pierre en 2004. Peut-être que Martinez Zogo n’aurait pas connu cette fin tragique si les Camerounais avaient réagi vigoureusement aux premiers assassinats.

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Infos: Actualités Cameroun :: Ulrich Xavier OVONO ONDOUA : CONSTRUIRE DEMAIN :: Cameroon news

« La nuit des longs couteaux », « Je suis dans l’eau », « On vous attend », « Après Biya vous allez voir ».  Voilà quelques mots qui meublent le quotidien de notre pays ces derniers temps. Ils symbolisent les lignes de fracture qui prennent en épaisseur et en volume. Sans s’en rendre compte, nous construisons des narratifs qui phagocytent et préparent

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Infos: Actualités Cameroun :: Ulrich Xavier OVONO ONDOUA : CONSTRUIRE DEMAIN :: Cameroon news

« La nuit des longs couteaux », « Je suis dans l’eau », « On vous attend », « Après Biya vous allez voir ». 

Voilà quelques mots qui meublent le quotidien de notre pays ces derniers temps. Ils symbolisent les lignes de fracture qui prennent en épaisseur et en volume. Sans s’en rendre compte, nous construisons des narratifs qui phagocytent et préparent nos esprits à la violence, y compris la violence armée. 

L’air du temps s’y prête. La polarisation de l’espace médiatique, sur fond d’affrontement ethnique et clanique (clan au sens large du terme) entretient cet esprit d’avant guerre. On explique / justifie tout par le soutien à un frère, à un ami, à une personne de notre tribu.

 « Pourquoi quand c’est lui vous parlez? » Quand c’est votre frère vous ne dites rien »  » c’est notre tour ».  Voilà désormais la norme de détermination de la sanction ou de l’absolution. 
Hélas, plus personne ne veut aller au delà de ce fatras. C’est désormais tribu contre tribu, clan contre clan. 

Mais au fond, quel est le problème ? Il me semble que les camerounais aspirent simplement à un meilleur vivre. Ils veulent pouvoir se soigner ainsi que leurs enfants, les scolariser, manger à leur faim, se divertir, être bien dans leur tête. Le contexte n’y est pas favorable. L’inflation est au top, les médias relaient des informations parfumées de suspicion de gabegie, ce qui entretient dans la conscience commune l’idée que les responsables publics s’enrichissent sur le dos du peuple. Désormais on ne parle plus que des lignes 94, 65 et 57.

 L’heure de la vendetta est arrivée. Chaque clan sort ses armes et vient prendre le peuple à témoin. Olembe gate, Covid gate, lignes 94 gate.

A chaque fois, le peuple assiste à tout cela médusé, interloqué, hébété. 

Mais la question que je m’en vais poser au peuple camerounais est la suivante : quand ces gens marchaient ensemble et se donnaient du monsieur un tel et madame une telle, avez vous été convié? 

La réponse est non. 

Maintenant que ça se gâte entre eux, ils viennent vous saisir pourquoi? 

La réponse est simple, ils veulent se servir de votre colère pour atteindre leur but. 

Mon opinion sur la question est simple. Ceux qui ont le plus besoin d’un chaos institutionnel aujourd’hui sont ceux qui ont amassé des sommes immenses. Ce sont eux qui, dans un contexte dérégulé, vont se servir des sommes encaissées pour renégocier leurs positions. Le faisant, ils vont vous priver de votre droit de choisir vos responsables publics (maires, députés, sénateurs, conseillers régionaux, chef de l »Etat). Le peuple ne sera qu’une chair à canon transposée en promontoire pour assurer leur survie. 

Toutes ces dénonciations auxquelles nous assistons sont des munitions que chaque camp utilise pour assurer sa survie. Notre intérêt ne s’y trouve nulle part. Leur démarche vise à susciter notre colère, pour déclencher une crise institutionnelle qui profitera aux mêmes.

 Avec tous les verrous normatifs de ce pays, comment ces faits déballés sur la place publique ont ils été rendus possible sans leur complicité même passive? Qui s’est opposé parmi eux aux instructions en disant agir au nom et pour l’intérêt du peuple? Mais aujourd’hui, quand le mal est fait, on vient prendre le peuple à témoin. 

César disait, le peuple ne pense pas. Donner lui du pain et des jeux. Il nous faut faire mentir César. Moi je suis du peuple. Je pense. Vous êtes nombreux comme moi. Nous pensons. Pensons dès à présent République.

Notre seule sécurité est le maintien de l’ordre républicain… 

Rappelez vous que le tribalisme refait généralement surface en période électorale ou lorsqu’il faut négocier des positions politiques. Mais à l’heure du déjeuner, il n’y a plus de betis, de Maka, de bamileke, de bamoun, de guiziga, de mafa ou de peulh. Non, ils redeviennent unis. 

Ne tombons donc pas dans ce piège, je dis et redis que notre diversité culturelle est une chance pour ce pays. Ne laissons pas certaines personnes créer et instrumentaliser par la suite, un problème monté de toutes pièces. 

Nous aspirons tous à une meilleure gouvernance, seul gage d’une redistribution juste et équitable de la richesse nationale. Nous souhaitons une plus grande sécurité. Nous avons des droits à défendre. Mais nous avons aussi des devoirs vis à vis de ce pays. Et le plus grand de ces devoirs et de le maintenir uni et en paix. 

De grâce, ne cédons pas aux sirènes de la division que l’on fait pendre sous nos nez..
Aujourd’hui il est devenu interdit de penser différemment. Vous êtes traités tout de suite de sardinards, tontinards, hibou, apôtre de l’Eglise, d’opposant, de lèche botte, de rebelle , de gangrène. 

Cette polarisation que l’on retrouve désormais dans toutes les strates de la vie nationale (politique, culture, sport) est le principal marqueur d’une société qui prend la direction du chaos. NOUS POUVONS ENCORE L’EMPECHER . Nous pouvons encore essayer de construire demain, ensemble et sans affrontement. Notre défi est de réconcilier ce pays. Nous sommes au bord de l’implosion . Il y  a encore une voie autre que la  violence. Empruntons ce chemin. 

 Essayons individuellement de prendre conscience du danger qui nous tend les bras. Nous avons le droit de demander des comptes à nos dirigeants. Mais nous n’avons pas le droit de verser dans l’anarchie vers laquelle on veut nous pousser avec arrogance et malice.
D’où je parle modestement, je sais que rien n’est facile en ce moment au Cameroun. Je ne le sais que trop bien. Mais rien ne doit nous conduire à détruire la seule chose que nous avons, cette stabilité (quoiqu’apparente) qui maintient cette paix relative. 

Construisons demain ensemble et ne cédons pas à ces subreptices appels à la révolution et au chaos.

Je n’ai pas un autre pays et au vu du péril en la demeure, mon affection pour lui , m’a déterminé à écrire ce billet d’humeur. C’est une lettre pour chacun de vous. Prenons le temps d’une profonde méditation. 

Que Dieu nous bénisse et qu’il bénisse le Cameroun!


 Ulrich Xavier OVONO ONDOUA 
 Magistrat

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