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CAMEROUN :: POINT DE VUE

Infos: Actualités Cameroun :: Conflits générationnels au sein du SDF: Louis Marie Kakdeu répond à Evariste Fopoussi :: Cameroon news

L’universitaire Louis Marie Kakdeu, par ailleurs  militant et cadre du SDF (Social Democratic Front), vient de publier une tribune dans laquelle il répond à son camarade politique, l’ancien député Evariste Fopoussi qui a fait une sortie pour expliquer que ses camarades restés fidèles à la direction du parti sont des mercenaires.  Selon le membre du

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Infos: Actualités Cameroun :: Conflits générationnels au sein du SDF: Louis Marie Kakdeu répond à Evariste Fopoussi :: Cameroon news

L’universitaire Louis Marie Kakdeu, par ailleurs  militant et cadre du SDF (Social Democratic Front), vient de publier une tribune dans laquelle il répond à son camarade politique, l’ancien député Evariste Fopoussi qui a fait une sortie pour expliquer que ses camarades restés fidèles à la direction du parti sont des mercenaires. 

Selon le membre du Shadow cabinet SDF, il s’agit juste d’un syndicat d’anciens privilégiés qui se soutiennent en persistant dans leur objectif d’accaparer le parti de Ni John Fru Ndi.

Ci-dessous l’intégralité de sa tribune

« Le syndicat des anciens privilégiés persiste !

J’ai lu avec regret la sortie de l’honorable Evariste Fopoussi qui explique que ses camarades restés fidèles à la direction du parti sont des mercenaires. Il s’agit pour l’essentiel des militants de la première heure qui assurent aujourd’hui les coordinations régionales suite à une résolution du NEC. La sortie de l’honorable Fopoussi est tellement maladroite qu’il convient de rappeler à l’opinion certains faits historiques :

Le syndicat des anciens privilégiés est constitué des élus et autres responsables du parti qui ont tout eu grâce au parti et à la popularité d’un homme : Ni John Fru Ndi. Maintenant que Fru Ndi est fatigué et ne leur permet plus de gagner, ils lui en veulent au lieu de se remettre en cause eux-mêmes. Pourquoi ? Parce que dans l’ensemble, ils ont pillé le SDF pendant 32 ans et se sont éloignés de la base. Ils ne sont plus élus pour certains depuis 2002 et ne peuvent plus être élus en raison de leur arrogance et du mensonge aggravé au peuple. Ils ont fait pire que les élus du RDPC. Ils ne veulent pas qu’un nouveau leadership local émerge. Ils s’accrochent au pouvoir comme au RDPC et ne veulent laisser aucune place à la jeunesse. En 2018, ils n’ont pas soutenu le jeune candidat investi par le parti. Ils auraient aimé que tout demeure dans le cercle de leur syndicat. L’autosabordage de 2018 reste et demeure leur seul trophée qu’ils brandissent même à contre temps pour contrer la politique de rajeunissement des instances dirigeantes du parti. Sauf que rien n’est nouveau sous le soleil.

Les taupes sont souvent ceux qui accusent en premier (de peur d’être démasqués). Je répète : ce sont les taupes qui s’empressent à accuser en premier. L’honorable Fopoussi tient le même discours depuis 2002 (20 ans). Il accuse Fru Ndi depuis 2002 d’être compromis. L’histoire nous renseigne qu’ils avaient déjà prédit la mort du parti en 2002. Ils ont démissionné du SDF expliquant que le parti était une antichambre du RDPC. Ils ont créé un nouveau parti qui a bizarrement rejoint officiellement le RDPC. Vous comprenez que pour fragiliser le SDF, l’idée de collaboration a toujours été lancée par le pouvoir en place en complicité avec “certains cadres”. Suivez mon regard. Ces cadres se constituent même témoins des valises d’argent qu’ils auraient même transportées. Mais, le SDF est toujours debout et l’honorable Fopoussi est revenu dans les rangs. Il a bénéficié du pardon de ses camarades. Mais, il semble avoir repris son travail de sabotage.

Jeu démocratique : il faudrait que le syndicat des anciens privilégiés entièrement vomi par la base explique à l’opinion publique qu’ils veulent prendre à témoin pourquoi ils bloquent le processus de renouvellement alors qu’ils prétendent contrôler la base. S’ils sont si proches de leurs bases et contrôlent les 3/4 du NEC, pourquoi ne sont-ils pas capables de prendre le contrôle du parti? Ils n’ont qu’à accélérer le processus de renouvellement. C’est ce que tout le monde souhaite. La décision du 18.8 vise uniquement à remettre le jeu démocratique au centre des préoccupations. Qui a peur des élections ? Allons-y !

Une comparaison de mauvais goût avec le PPA-CI. L’histoire nous indique que tous ceux qui sont partis du SDF sont morts politiquement en dehors de l’honorable Kwemo. Je dis bien Tous. Cela veut dire que c’est la coquille vide qui s’en va et laisse le parti intact. L’honorable Fopoussi n’a rien compris du PPA-CI. Il ne sait pas que ce parti frère et ami fait preuve de maturité politique de nos jours et abandonne le radicalisme. Il ignore que Laurent Gbagbo a déjà rencontré plusieurs fois le Président Ouattara et que cela n’est en rien signe de compromission. Il ignore que le PPA-CI est allié au PDCI-RDA et que c’est désormais l’alliance gagnante en Côte d’Ivoire malgré le rôle trouble joué par le PDCI lors des présidentielles de 2010. Il ignore que l’on ne crée pas un parti pour s’opposer à un autre mais, pour gouverner et améliorer les conditions de vie des populations.

La vérité libère : le SDF n’est plus radical au goût de certains. Mieux, le Chairman n’a pas soutenu la sécession au Cameroun. Certains lui en veulent énormément. Fru Ndi veut léguer aux jeunes un parti républicain implanté sur l’ensemble du territoire national. Nos amis “cadres” ont refusé depuis un an d’aller implanter le parti ailleurs qu’à l’Ouest et dans le Littoral. Ils sont contre le 18.8 qui était déjà appliqué au Sud-ouest parce que cela fragilisera le projet identitaire conçu avec leurs commanditaires pour garantir la conservation du pouvoir. Ils ont pris le caillou et l’oiseau a vu comme on dit au Cameroun.

Bref, nous sommes heureux de constater que nos aînés qui ont pillé le parti et l’ont éloigné de la victoire se trahissent tous les jours devant l’opinion publique. L’autosabordage ne passera pas. Quand vient le temps de passer le flambeau, nos aînés doivent pouvoir le faire sans rancunes. Accepter de prendre sa retraite est un geste noble. Il est inacceptable que le syndicat des anciens privilégiés du Cameroun veuille tout détruire avant de partir. Heureusement qu’ils auront du répondant dans les rangs de la jeunesse consciente.

Je peux vous conseiller aussi, chers aînés : changer de stratégie. Si vous êtes sincères dans votre demande de dialogue, alors rentrer dans les rangs. Vous retrouverez sur les réseaux sociaux les gens plus aguerris que vous. Conseil de petit-frère.

Pouvoir au peuple !

Louis-Marie KAKDEU

Membre du Shadow cabinet SDF

Économie Finances et Commerce »

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Infos: Actualités Cameroun :: Après les pleurs et indignations, on fait quoi ? :: Cameroon news

Lamentations et dénonciations ne se sont pas encore estompées après la mort dans des conditions troubles du journaliste Martinez Zogo. Jean Claude Djekere veut se projeter sur la suite.  Le journaliste Martinez Zogo est mort le 22 janvier 2023 parce que ceux qui étaient censés le protéger ont refusé de le protéger, parce que des

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Infos: Actualités Cameroun :: Après les pleurs et indignations, on fait quoi ? :: Cameroon news

Lamentations et dénonciations ne se sont pas encore estompées après la mort dans des conditions troubles du journaliste Martinez Zogo. Jean Claude Djekere veut se projeter sur la suite. 

Le journaliste Martinez Zogo est mort le 22 janvier 2023 parce que ceux qui étaient censés le protéger ont refusé de le protéger, parce que des gens dont il avait dénoncé la douteuse richesse avaient juré d’avoir sa peau, parce que quiconque ose critiquer la corruption au Cameroun et le pouvoir d’Étoudi s’expose inéluctablement à une mort violente. Zogo avait été enlevé par des tueurs à gages. On retrouva son corps déchiqueté et en décomposition 5 jours plus tard. Beaucoup de Camerounais redoutaient une telle issue.

Ce pays, que m’ont fait aimer Mongo Beti, Ferdinand Oyono, Francis Bebey, Fabien Eboussi, Jean-Marc Ela, Joseph Tchundjang Pouemi, Pius Njawe, Roger Milla, Théophile Abéga, Thomas Nkono, André-Marie Tala, Moni Bilé, Bébé Manga et tant d’autres, serait-il devenu un pays barbare ? Comment ne pas le croire après l’odieux assassinat de Martinez Zogo qui rejoint ainsi la cohorte des Camerounais atrocement mis à mort sous le régime de l’ancien séminariste Paul Barthélemy Biya ? L’animateur de l’émission “L’embouteillage” sur Amplitude FM a fini sa vie sur terre comme les abbés Jean Kounou et Materne Bikoa en 1982, l’abbé Joseph Mbassi, rédacteur en chef de “L’Effort camerounais “ et Maître Ngongo Ottou en octobre 1988, Mgr Yves Plumey en 1991, les deux religieuses françaises de Djoum en 1992, le jésuite Engelbert Mveng en 1995, Marthe Moumié, la veuve de Félix-Roland Moumié en 2009, Mgr Jean-Marie Benoît Bala en 2017. Jean-Marc Éla aurait subi le même sort s’il ne s’était pas exilé au Canada. En criant sa colère et sa douleur devant l’assassinat de Mveng dont il était proche, il avait mis sa propre vie en danger.

Tous ces crimes dont les enquêtes n’ont jamais abouti ne font pas du tout honneur au Cameroun. Biya est comptable de tout ce sang injustement versé parce qu’il n’a rien fait pour que les criminels soient arrêtés et punis comme il faut. Je n’adhère pas à la légende selon laquelle seul l’entourage du chef serait pourri.

Au Petit Séminaire d’Akono, Biya n’aurait-il appris et aimé que l’histoire de Caïn ôtant la vie à son frère Abel ? Comment les prêtres et les évêques catholiques camerounais continuent-ils de donner la communion à cet homme ? Pourquoi Jean-Paul II et ses successeurs l’ont-ils reçu sans problème ?

Dans l’article que j’avais consacré à Engelbert Mveng, je faisais remarquer que ce qui lui était arrivé pourrait arriver à tout autre Camerounais si le peuple camerounais ne se levait pas comme un seul homme pour se dresser contre ce régime prédateur et tueur, qu’il ne suffisait pas de s’indigner ou de dire, résigné, on va faire comment ?

Plein de personnes sont indignées par l’injuste élimination physique de Martinez Zogo. C’est bien mais pendant combien de temps sera-t-on en colère ? Pendant combien de temps dira-t-on que c’est inacceptable ? Les auteurs et commanditaires de la mort de Martinez Zogo, les laissera-t-on tranquilles jusqu’à ce qu’ils fassent de nouvelles victimes ?

“Toutes les dictatures, tous les terrorismes, tous les fascismes ont commencé parce que, devant les premiers viols du droit, on est resté muet”, affirmait l’abbé Pierre en 2004. Peut-être que Martinez Zogo n’aurait pas connu cette fin tragique si les Camerounais avaient réagi vigoureusement aux premiers assassinats.

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Lamentations et dénonciations ne se sont pas encore estompées après la mort dans des conditions troubles du journaliste Martinez Zogo. Jean Claude Djekere veut se projeter sur la suite.  Le journaliste Martinez Zogo est mort le 22 janvier 2023 parce que ceux qui étaient censés le protéger ont refusé de le protéger, parce que des

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Lamentations et dénonciations ne se sont pas encore estompées après la mort dans des conditions troubles du journaliste Martinez Zogo. Jean Claude Djekere veut se projeter sur la suite. 

Le journaliste Martinez Zogo est mort le 22 janvier 2023 parce que ceux qui étaient censés le protéger ont refusé de le protéger, parce que des gens dont il avait dénoncé la douteuse richesse avaient juré d’avoir sa peau, parce que quiconque ose critiquer la corruption au Cameroun et le pouvoir d’Étoudi s’expose inéluctablement à une mort violente. Zogo avait été enlevé par des tueurs à gages. On retrouva son corps déchiqueté et en décomposition 5 jours plus tard. Beaucoup de Camerounais redoutaient une telle issue.

Ce pays, que m’ont fait aimer Mongo Beti, Ferdinand Oyono, Francis Bebey, Fabien Eboussi, Jean-Marc Ela, Joseph Tchundjang Pouemi, Pius Njawe, Roger Milla, Théophile Abéga, Thomas Nkono, André-Marie Tala, Moni Bilé, Bébé Manga et tant d’autres, serait-il devenu un pays barbare ? Comment ne pas le croire après l’odieux assassinat de Martinez Zogo qui rejoint ainsi la cohorte des Camerounais atrocement mis à mort sous le régime de l’ancien séminariste Paul Barthélemy Biya ? L’animateur de l’émission “L’embouteillage” sur Amplitude FM a fini sa vie sur terre comme les abbés Jean Kounou et Materne Bikoa en 1982, l’abbé Joseph Mbassi, rédacteur en chef de “L’Effort camerounais “ et Maître Ngongo Ottou en octobre 1988, Mgr Yves Plumey en 1991, les deux religieuses françaises de Djoum en 1992, le jésuite Engelbert Mveng en 1995, Marthe Moumié, la veuve de Félix-Roland Moumié en 2009, Mgr Jean-Marie Benoît Bala en 2017. Jean-Marc Éla aurait subi le même sort s’il ne s’était pas exilé au Canada. En criant sa colère et sa douleur devant l’assassinat de Mveng dont il était proche, il avait mis sa propre vie en danger.

Tous ces crimes dont les enquêtes n’ont jamais abouti ne font pas du tout honneur au Cameroun. Biya est comptable de tout ce sang injustement versé parce qu’il n’a rien fait pour que les criminels soient arrêtés et punis comme il faut. Je n’adhère pas à la légende selon laquelle seul l’entourage du chef serait pourri.

Au Petit Séminaire d’Akono, Biya n’aurait-il appris et aimé que l’histoire de Caïn ôtant la vie à son frère Abel ? Comment les prêtres et les évêques catholiques camerounais continuent-ils de donner la communion à cet homme ? Pourquoi Jean-Paul II et ses successeurs l’ont-ils reçu sans problème ?

Dans l’article que j’avais consacré à Engelbert Mveng, je faisais remarquer que ce qui lui était arrivé pourrait arriver à tout autre Camerounais si le peuple camerounais ne se levait pas comme un seul homme pour se dresser contre ce régime prédateur et tueur, qu’il ne suffisait pas de s’indigner ou de dire, résigné, on va faire comment ?

Plein de personnes sont indignées par l’injuste élimination physique de Martinez Zogo. C’est bien mais pendant combien de temps sera-t-on en colère ? Pendant combien de temps dira-t-on que c’est inacceptable ? Les auteurs et commanditaires de la mort de Martinez Zogo, les laissera-t-on tranquilles jusqu’à ce qu’ils fassent de nouvelles victimes ?

“Toutes les dictatures, tous les terrorismes, tous les fascismes ont commencé parce que, devant les premiers viols du droit, on est resté muet”, affirmait l’abbé Pierre en 2004. Peut-être que Martinez Zogo n’aurait pas connu cette fin tragique si les Camerounais avaient réagi vigoureusement aux premiers assassinats.

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Infos: Actualités Cameroun :: Ulrich Xavier OVONO ONDOUA : CONSTRUIRE DEMAIN :: Cameroon news

« La nuit des longs couteaux », « Je suis dans l’eau », « On vous attend », « Après Biya vous allez voir ».  Voilà quelques mots qui meublent le quotidien de notre pays ces derniers temps. Ils symbolisent les lignes de fracture qui prennent en épaisseur et en volume. Sans s’en rendre compte, nous construisons des narratifs qui phagocytent et préparent

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Infos: Actualités Cameroun :: Ulrich Xavier OVONO ONDOUA : CONSTRUIRE DEMAIN :: Cameroon news

« La nuit des longs couteaux », « Je suis dans l’eau », « On vous attend », « Après Biya vous allez voir ». 

Voilà quelques mots qui meublent le quotidien de notre pays ces derniers temps. Ils symbolisent les lignes de fracture qui prennent en épaisseur et en volume. Sans s’en rendre compte, nous construisons des narratifs qui phagocytent et préparent nos esprits à la violence, y compris la violence armée. 

L’air du temps s’y prête. La polarisation de l’espace médiatique, sur fond d’affrontement ethnique et clanique (clan au sens large du terme) entretient cet esprit d’avant guerre. On explique / justifie tout par le soutien à un frère, à un ami, à une personne de notre tribu.

 « Pourquoi quand c’est lui vous parlez? » Quand c’est votre frère vous ne dites rien »  » c’est notre tour ».  Voilà désormais la norme de détermination de la sanction ou de l’absolution. 
Hélas, plus personne ne veut aller au delà de ce fatras. C’est désormais tribu contre tribu, clan contre clan. 

Mais au fond, quel est le problème ? Il me semble que les camerounais aspirent simplement à un meilleur vivre. Ils veulent pouvoir se soigner ainsi que leurs enfants, les scolariser, manger à leur faim, se divertir, être bien dans leur tête. Le contexte n’y est pas favorable. L’inflation est au top, les médias relaient des informations parfumées de suspicion de gabegie, ce qui entretient dans la conscience commune l’idée que les responsables publics s’enrichissent sur le dos du peuple. Désormais on ne parle plus que des lignes 94, 65 et 57.

 L’heure de la vendetta est arrivée. Chaque clan sort ses armes et vient prendre le peuple à témoin. Olembe gate, Covid gate, lignes 94 gate.

A chaque fois, le peuple assiste à tout cela médusé, interloqué, hébété. 

Mais la question que je m’en vais poser au peuple camerounais est la suivante : quand ces gens marchaient ensemble et se donnaient du monsieur un tel et madame une telle, avez vous été convié? 

La réponse est non. 

Maintenant que ça se gâte entre eux, ils viennent vous saisir pourquoi? 

La réponse est simple, ils veulent se servir de votre colère pour atteindre leur but. 

Mon opinion sur la question est simple. Ceux qui ont le plus besoin d’un chaos institutionnel aujourd’hui sont ceux qui ont amassé des sommes immenses. Ce sont eux qui, dans un contexte dérégulé, vont se servir des sommes encaissées pour renégocier leurs positions. Le faisant, ils vont vous priver de votre droit de choisir vos responsables publics (maires, députés, sénateurs, conseillers régionaux, chef de l »Etat). Le peuple ne sera qu’une chair à canon transposée en promontoire pour assurer leur survie. 

Toutes ces dénonciations auxquelles nous assistons sont des munitions que chaque camp utilise pour assurer sa survie. Notre intérêt ne s’y trouve nulle part. Leur démarche vise à susciter notre colère, pour déclencher une crise institutionnelle qui profitera aux mêmes.

 Avec tous les verrous normatifs de ce pays, comment ces faits déballés sur la place publique ont ils été rendus possible sans leur complicité même passive? Qui s’est opposé parmi eux aux instructions en disant agir au nom et pour l’intérêt du peuple? Mais aujourd’hui, quand le mal est fait, on vient prendre le peuple à témoin. 

César disait, le peuple ne pense pas. Donner lui du pain et des jeux. Il nous faut faire mentir César. Moi je suis du peuple. Je pense. Vous êtes nombreux comme moi. Nous pensons. Pensons dès à présent République.

Notre seule sécurité est le maintien de l’ordre républicain… 

Rappelez vous que le tribalisme refait généralement surface en période électorale ou lorsqu’il faut négocier des positions politiques. Mais à l’heure du déjeuner, il n’y a plus de betis, de Maka, de bamileke, de bamoun, de guiziga, de mafa ou de peulh. Non, ils redeviennent unis. 

Ne tombons donc pas dans ce piège, je dis et redis que notre diversité culturelle est une chance pour ce pays. Ne laissons pas certaines personnes créer et instrumentaliser par la suite, un problème monté de toutes pièces. 

Nous aspirons tous à une meilleure gouvernance, seul gage d’une redistribution juste et équitable de la richesse nationale. Nous souhaitons une plus grande sécurité. Nous avons des droits à défendre. Mais nous avons aussi des devoirs vis à vis de ce pays. Et le plus grand de ces devoirs et de le maintenir uni et en paix. 

De grâce, ne cédons pas aux sirènes de la division que l’on fait pendre sous nos nez..
Aujourd’hui il est devenu interdit de penser différemment. Vous êtes traités tout de suite de sardinards, tontinards, hibou, apôtre de l’Eglise, d’opposant, de lèche botte, de rebelle , de gangrène. 

Cette polarisation que l’on retrouve désormais dans toutes les strates de la vie nationale (politique, culture, sport) est le principal marqueur d’une société qui prend la direction du chaos. NOUS POUVONS ENCORE L’EMPECHER . Nous pouvons encore essayer de construire demain, ensemble et sans affrontement. Notre défi est de réconcilier ce pays. Nous sommes au bord de l’implosion . Il y  a encore une voie autre que la  violence. Empruntons ce chemin. 

 Essayons individuellement de prendre conscience du danger qui nous tend les bras. Nous avons le droit de demander des comptes à nos dirigeants. Mais nous n’avons pas le droit de verser dans l’anarchie vers laquelle on veut nous pousser avec arrogance et malice.
D’où je parle modestement, je sais que rien n’est facile en ce moment au Cameroun. Je ne le sais que trop bien. Mais rien ne doit nous conduire à détruire la seule chose que nous avons, cette stabilité (quoiqu’apparente) qui maintient cette paix relative. 

Construisons demain ensemble et ne cédons pas à ces subreptices appels à la révolution et au chaos.

Je n’ai pas un autre pays et au vu du péril en la demeure, mon affection pour lui , m’a déterminé à écrire ce billet d’humeur. C’est une lettre pour chacun de vous. Prenons le temps d’une profonde méditation. 

Que Dieu nous bénisse et qu’il bénisse le Cameroun!


 Ulrich Xavier OVONO ONDOUA 
 Magistrat

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